Government delays on the CHUM superhospital are scandalous
If we are lucky, the new hospital will be built 18 years after it was proposedl n'est plus question d'échéancier
The Gazette, 3 novembre 2006
Josée Legault


First, the birth was due in 2006. Then it was 2010. Now, we learn the CHUM superhospital won’t see the daylight before 2013, if we’re lucky.
So here’s the math : From the idea’s genesis in 1995 to its possible completion, Montrealers, their health-care services and those who work in it, will have been kept on hold for 18 long years regarding their university hospitals.
What does one call that ? A scandal ? Sheer irresponsibility on public health ? There’s been a continuous lack of transparency as to why the hospital hasn’t been built since the Parti Quebecois government first amalgamated the Hotel-Dieu, Notre-Dame and St. Luc hospitals into the CHUM - Centre hospitalier de l’Universite de Montreal - in 1995.
The cost is sure to be higher than the estimated $2 billion for the CHUM and the McGill University Health Centre, and every delay adds to the price tag. But who’s counting ?
In 2000, without debating the merits of renovating existing hospitals, the Bouchard government announced the CHUM would be built at 6000 St. Denis St. In 2004, a commission created by the Liberal government switched it to the St. Luc hospital site.
Then the business lobby weighed in and wanted it built in Outremont. In 2005, after a National Assembly commission and the expenditure of tens of millions of tax dollars in various reports and committees, the Charest government finally picked the St. Luc site.
It all raises the question : Is there another major city in a Western country where an aging population in need of better services would tolerate such delays, government indecisiveness and unending battles with lobby groups that directly affect the quality of, and access to, health care in a university hospital setting ?
In this 20-year-long saga, Montrealers will have had the worst of both worlds. They didn’t get new hospitals ; and the existing ones were left in uncertainty, having to invest in renovations or new departments, knowing they’ll be abandoned one day.
That’s called health-care limbo. Need I add while waiting for these new hospitals, 29 per cent of Quebecers - including this columnist - didn’t have access to a family doctor while private health-care services kept expanding, creating more inequalities in the system ?
There’s also a code of silence that seems to unite the Liberal Party and the Parti Quebecois on the superhospitals. The PQ bears the cross of having launched this saga without any real plan, and the Liberals for its non-completion. How does one spell "procrastination" ?
Yesterday, it was mind-boggling to hear the health minister and the treasury board president. Facing complaints that nothing gets built, Monique Jerome-Forget said : "I associate this with a male attitude. They want to see something moving right away." Right away ? Eleven years after 1995 and seven years away from anything ? Who is she kidding ?
Philippe Couillard called it the hard-hat syndrome or an obsession to see the hospitals built - imagine the gall ! What followed was even more mesmerizing.
About setting a deadline, he called 2013 an "indicator," adding, "It’s not up to the politicians to do that. That’s something we have to change. It’s up to those whose job it is. I’m not a construction manager."
Well, excuse us for thinking that the completion of a public hospital is actually the responsibility of the health minister and of the government. Excuse us for thinking that being an elected representative and a member of the cabinet makes the health minister responsible, not the construction managers.
If this wasn’t such a vital issue for the health of Montrealers, present and future, the whole saga would be simply embarrassing, or fodder for stand-up comics.
But it’s too important a question for two successive governments to have chosen procrastination over a clear, informed choice and action : Either revamp the existing hospitals or build two, perhaps even one, integrated superhospital.
In 2006, Montrealers still have neither.
So, does anyone know a really good construction manager ?

 


Il n'est plus question d'échéancier
La Presse, 3 novembre 2006
Denis Lessard


Le dossier de la construction des hôpitaux universitaires de Montréal est si complexe que le gouvernement se refuse désormais à parler d'échéancier.

La date de 2010 largement répandue par les dirigeants du Centre hospitalier universitaire de Montréal, était «un repère», a soutenu hier le ministre de la Santé, Philippe Couillard. En 2011, les projets d'hôpitaux universitaires «seront très avancés... Pour la fin des travaux, on vous reviendra...» a laissé tomber M. Couillard dans un point de presse pour réagir à la manchette de La Presse hier. Lors d'une réunion déterminante au ministère de M. Couillard vendredi dernier, les principaux intervenants dans ce dossier avaient constaté que la date de 2010 pour la fin des travaux du nouvel hôpital du 1000, Saint-Denis était totalement irréaliste, et qu'il vaudrait mieux viser tout de suite 2013.

Immédiatement après le point de presse de M. Couillard, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, tournait en ridicule les réserves d'un ministre incapable de préciser le moment où un chantier de cette importance pourra être réalisé. «L'établissement envoie des communiqués en s'identifiant comme CHUM 2010. Cela ne dit pas: «Le chantier sera moyennement assez avancé en 2011». Tout le monde comprend que le CHUM devait ouvrir ses portes en 2010, c'est-à-dire commencer à accueillir des malades», a soutenu M. Dumont.

Pour Louise Harel, critique péquiste à la santé, après les précisions de M. Couillard, «il y a plus d'incertitude que jamais» dans ce dossier. «La seule chose dont on est sûr, c'est que cela coûtera un milliard de plus», a-t-elle soutenu.

«L'obsession de la pelletée de terre»
Hier, M. Couillard a aussi refusé de prédire quand pourront commencer les travaux tant pour l'hôpital francophone que l'anglophone -bien qu'on ait parlé du début de l'été 2007 le printemps dernier. «On a trop souvent l'obsession de la pelletée de terre, de la photo avec les casques blanc et la petite pelle», a lancé M. Couillard. Trop souvent les gouvernements dans le passé se sont laissé bousculer par l'opinion publique ou des échéances électorales», a soutenu M. Couillard.

Venue épauler son collègue, Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil du Trésor, a souligné que les chantiers de ces deux établissements seront parmi les plus gros au monde pour des hôpitaux. «La rigueur est plus importante que les échéanciers», insiste-t-elle. Avant d'enclencher des travaux à la hâte, risquant ainsi de devoir faire des milliers de modifications par la suite, le gouvernement préfère avoir tout le portrait, connaître tous les coûts.

Pour Mme Jérôme-Forget, la décision de recourir à des partenariats public-privé pour ces travaux devrait les accélérer. À Madrid, en Espagne, huit hôpitaux sont actuellement construits, tous par PPP, a souligné M. Couillard. Des gouvernements de tous les horizons politiques, de gauche comme de droite, optent pour cette formule, insiste-t-il.

Au passage, les ministres ont souligné que les budgets totalisant presque 2 milliards de dollars pour les deux établissements annoncés au printemps dernier restaient des estimations, et que le report prévisible des travaux allait encore faire grimper la facture.

M. Couillard a reconnu aussi ne pas avoir d'entente avec les spécialistes de l'un ou l'autre établissement sur la nécessaire «complémentarité» des services. À la suite de l'imposition des conditions de travail le printemps dernier, les échanges avec les médecins spécialistes progressent laborieusement, a-t-il expliqué.

Devant les ratés dans le plan de match du CHUM, la coalition proposant qu'il n'y ait qu'un seul grand hôpital, francophone, a repris du poil de la bête.

Pour le sociologue Guy Rocher, il n'est pas question de faire un hôpital bilingue à Montréal. Si l'établissement était construit à Toronto, on ne se poserait guère de questions, fait-il valoir.

Trouver des accommodements pour permettre l'enseignement en anglais dans cet hôpital ne présenterait pas de problèmes. «McGill a changé, on peut y présenter des travaux en français, on est bien loin de l'attitude qui avait déclenché la manifestation pour McGill français en 1968», d'observer M. Rocher.


Le report de l'échéancier du CHUM et du MUHC confirme que la construction de deux méga-hôpitaux est une erreur!
Communiqué, 2 novembre 2006
Unseulchu.org


    MONTREAL, le 2 nov. /CNW Telbec/ - La Coalition pour un seul centre
hospitalier universitaire (CHU) à Montréal réclame la fin des tergiversations
et demande au Ministre Couillard de convoquer des audiences publiques portant
sur la pertinence de construire deux mégahôpitaux à Montréal au coût minimal
projeté de 3.6 milliards de dollars. Alors que les besoins en soins de
première et deuxième ligne, en soins à domicile et dans les Centres
hospitaliers de soins longue durée (CHSLD) sont criants, nous croyons qu'il
est plus opportun d'investir dans la réfection des infrastructures existantes
et surtout dans les services aux citoyens dans l'ensemble du Québec. Nous
croyons qu'il y a assez béton à Montréal.
    Le "feuilleton" des CHU a assez duré. Les plans fonctionnels et
techniques du CHUM et du MUHC ne sont pas prêts, le problème du partage des
spécialités n'est pas réglé et les retards et autres imprévus vont
indubitablement faire exploser les coûts au-delà du 5 milliards. La première
pelletée de terre n'a pas encore été levée, ni pour le CHUM, ni pour le MUHC.
Il faut arrêter de croire à la fatalité de la construction de deux CHU à
Montréal pour des raisons "historiques et culturelles" mal définies. Il est
encore temps d'éviter la catastrophe.

    Une aberration économique

    Le cafouillage et l'enlisement de ce dossier depuis 10 ans sont le
résultat direct du refus de justifier rationnellement la pertinence de
construire deux mégahôpitaux, représentant chacun le plus gros investissement
en infrastructure publique depuis le Stade olympique, dans une ville de taille
moyenne comme Montréal. Des milliards de dollars seront investis dans un
périmètre de quelques kilomètres alors que les besoins sont criants partout
dans les régions.
    Chaque milliard investi dans ce projet représente environ 500$ par membre
de la population active. Ce sont donc vraisemblablement des milliers de
dollars par contribuable qui seront engouffrés dans ce projet dédoublé.
    De plus, un investissement dans ces méga-structures créera beaucoup moins
d'emplois qu'un investissement moindre dans les soins de première et deuxième
lignes ainsi que dans les soins à domicile. Le projet des deux CHU privera
ainsi l'économie québécoise de dizaines de milliers d'emplois.

    Une approche inclusive

    Le ministre Couillard s'est approché, bien malgré lui, de la vérité
lorsque, tentant de répondre à notre coalition, il s'est déclaré "triste"
qu'il s'en trouve parmi nous pour maintenir "des frontières entre nos deux
communautés". Il ne pouvait pas mieux dire. C'est précisément ce que fait son
projet. Nous proposons au contraire d'abolir ces frontières et de concevoir un
centre hospitalier qui reposera sur la collaboration et la cohabitation dans
une même institution des deux facultés de médecine. Nous ne voulons pas du
développement séparé. Pour nous, l'avenir est à la concertation et à la
coopération. Pourquoi n'est-il pas possible de faire travailler ensemble dans
une même institution nationale les facultés de médecine de McGill et de
l'Université de Montréal? C'est une question simple pour laquelle nous
aimerions une réponse franche.
    Il y aurait quelque chose de profondément indécent et d'irresponsable
socialement à dépenser près de quatre milliards de fonds publics (et sans
doute bien plus dans les faits) pour créer des chasses gardées et maintenir
des barrières linguistiques. Ceux qui, comme le docteur Porter qui pilote le
MUHC, ne veulent pas "affaiblir le système de santé québécois" ont le fardeau
de la preuve. C'est à eux de nous démontrer l'impossibilité de faire
travailler ensemble deux institutions qui sont financées par les mêmes
contribuables.

    unseulchu.org est une coalition non-partisane de citoyens inquiets des
dérapages budgétaires appréhendés dans la construction des centres
hospitaliers universitaires montréalais, le CHUM et le MUHC. La coalition,
dont le principal porte-parole est le Dr. Denis Lazure, fait présentement
circuler une pétition, comptant à ce jour plus de 2000 signataires, réclamant
la construction d'un seul méga-CHU.

Renseignements: Mario Beaulieu, (514) 839-4140,
communications@unseulchu.org

Médecins de famille: la pénurie dénoncée
Radio-Canada.ca, 2 novembre 2006


Le Collège des médecins de famille du Canada lance un signal de détresse au ministre de la Santé, Philippe Couillard.

Près de 2 millions de Québécois n'ont pas de médecin de famille. Cette situation est jugée inacceptable par le Collège, qui tient son congrès à Québec, jeudi.

L'organisme soutient que le manque de médecins de famille a plusieurs conséquences, notamment en ce qui concerne la prévention des maladies et la médication administrée aux patients. Le président québécois du Collège des médecins de famille du Canada, Bernard Lessard, souligne notamment que le suivi auprès des patients est difficile à faire.

« Des fois, c'est difficile d'identifier les choses et c'est sûr que dans une situation de clinique sans rendez-vous, on n'a pas toujours l'histoire complète du patient pour l'aider le plus possible, alors les erreurs sont possibles dans ces situations-là », dit-il.

Le Collège des médecins de famille affirme aussi que le Canada et surtout le Québec auraient de la difficulté à faire face à une pandémie.
Médecin de famille

La présidente de l'organisme, Louise Nasmith, indique que lors d'une pandémie, plusieurs patients risqueraient de ne pas avoir accès à un médecin, afin d'obtenir un avis médical ou un traitement. Mme Nasmith souhaite une plus grande concertation avec les gouvernements sur la question de la pandémie.

Le Dr Michel Lafrenière, président de l'Association des médecins omnipraticiens de la région de Québec, confirme qu'il manque de médecins de famille dans la région.

La mise à la retraite de plusieurs dans les années 90 est une des raisons qui expliquent le phénomène. Plusieurs médecins se sont aussi déplacés vers les services d'urgence, pour lesquelles le gouvernement a consenti beaucoup d'argent pour dénouer la crise.

Pour sa part, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, affirme que le problème du manque de médecins de famille se résorbera d'ici quelques années avec l'augmentation des admissions dans les facultés de médecine. Philippe Couillard ajoute que dès décembre, la population sentira un changement, avec la fin des plafonds de rémunération pour les médecins de famille.

« Ça veut dire qu'il n'y a pas de limites aux revenus qu'un médecin omnipraticien maintenant peut gagner en voyant des patients, des malades à son bureau. Une entente qui va améliorer l'accessibilité aux soins de première ligne », dit-il.


La saga du CHUM se poursuit
Radio-Canada.ca, 2 novembre 2006


Le ministre de la Santé Philippe Couillard ainsi que la présidente du Conseil du Trésor Monique-Jérôme Forget ont promptement réagi aux informations publiées dans le quotidien La Presse, qui affirme que l'ouverture du futur mégahôpital francophone montréalais, prévue pour 2010, sera repoussée d'au moins trois autres années.

La Presse fait état d'une réunion vendredi dernier regroupant les principaux responsables du projet du CHUM lors de laquelle il a été estimé que l'horizon 2013 était ce qu'il y avait de plus raisonnable.

En avril dernier, le ministre Couillard avait soutenu que 2010-2011 demeurait l'horizon pour la fin des travaux. Sur le site du Centre hospitalier de l'Université de Montréal qui fait état du projet CHUM 2010, il est dit « [qu']un nouveau complexe hospitalo-universitaire de calibre international pourra ouvrir ses portes en 2010 sur un seul site, au 1000 Saint-Denis. »

En conférence de presse, le ministre Couillard est revenu sur l'échéancier de 2010 pour dire qu'il n'avait jamais été le sien. Il précise avoir plutôt parlé de façon générale de 2010-2011, qu'il présente comme un point de « repère important », soit une période où le projet du CHUM devrait être fort avancé.

Le ministre, à l'instar de sa collègue du Conseil du Trésor, déplore la pression des médias qui donnent à leur avis trop d'importance aux dates, alors que la rigueur dans l'exécution du projet et le contrôle des coûts doivent être vus comme la priorité.

« On ne se laissera pas entraîner dans une cascade d'échéances », a dit le ministre, qui entend cependant tenir régulièrement au courant la population de l'évolution du chantier.

Philippe Couillard souligne que l'étape en cours, dite d'approbation des programmes fonctionnels et techniques, est cruciale pour s'assurer qu'il n'y aura pas de dépassements de coûts, comme dans le cas du métro de Laval et de la Gaspésia.

Il s'agit pour l'essentiel de déterminer le projet clinique (le type de patients qui seront traités), de quantifier le budget d'opération et de s'entendre sur les esquisses immobilières. Il estime qu'au début de 2007, le tout devrait être approuvé.

Le ministre maintient que l'estimation de 884 millions de dollars pour la construction du CHUM demeure la meilleure jusqu'ici, mais que le coût réel ne sera pas connu avant la conclusion des appels d'offres.

La présidente du Conseil du Trésor affirme par ailleurs que, contrairement à ce qu'avance La Presse, la formule des PPP n'est en rien responsable des retards qu'elle allègue. Elle vante les succès que la formule aurait rencontrés tant en Norvège qu'en Australie et en Grande-Bretagne.

Choix du maître d'oeuvre

Mercredi le CHUM a annoncé que les firmes SNC-Lavallin, Dessau-Soprin et Génivar seront responsables de gérer la réalisation du complexe hospitalier. Le CHUM a aussi fait connaître son choix des firmes d'architectes et d'ingénieurs qui participeront à la construction de l'hôpital. Par ailleurs, l'Office de consultation de Montréal va tenir des audiences publiques sur le projet la semaine prochaine.


L'échéancier du CHUM repoussé à 2013
LE FEUILLETON DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES SE POURSUIT
La Presse, 2 novembre 2006
Denis Lessard


Le feuilleton des hôpitaux universitaires de Montréal est bien loin d'être terminé. Bien que le gouvernement Charest ait promis le nouveau CHUM pour 2010, on sait déjà au ministère de la Santé que le nouvel hôpital ne pourra être mis en service avant 2013.

Ce constat embarrassant a été fait vendredi dernier à une réunion importante sur les projets d'hôpitaux universitaires, tenue au ministère de M. Couillard à Montréal. Avec plusieurs hauts fonctionnaires, on y retrouvait, notamment, le sous-ministre Roger Paquet, le mandataire de Québec pour surveiller les projets, Clermont Gignac, le président de l'agence des Partenariats public-privé, Pierre Lefebvre, et des représentants de l'Agence de la santé de Montréal.

Autour de la table il est devenu très clair que le scénario le plus raisonnable permettait désormais «d'espérer» la livraison de l'hôpital francophone pour 2013, «si tout va bien». C'est le scénario le plus «réaliste», a confié à La Presse une source très proche de ces discussions.

En avril dernier, le gouvernement avait annoncé qu'il optait pour la formule des PPP pour ces deux mégaprojets. Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, avait alors soutenu que le gouvernement «restait aligné sur l'horizon 2010-2011 pour la fin des travaux». Ce point de chute supposait une mise en chantier au début de l'été prochain, après que l'Office de consultation de la Ville de Montréal, dont les audiences commencent cette semaine, ait émis son avis sur le projet du 1000, rue Saint-Denis.

L'organisation de l'hôpital universitaire francophone de Montréal a d'ailleurs adopté comme slogan «CHUM 2010». Sous le PQ, le projet de CHUM au 6000, rue Saint-Denis, devait être prêt... pour 2006, une échéance qui ne pouvait pas davantage être respectée.

Ce nouveau décalage de trois ans aura nécessairement des conséquences sur les coûts. Québec avait prévu le printemps dernier que la construction nécessiterait 1,8 milliard pour les deux établissements (884 millions pour le CHUM et 955 millions pour le CUSM). Le report de trois ans sur la cible originale suppose que la note grossira, ne serait-ce que par la croissance générale des prix. Le report donnera aussi un nouvel élan à un courant nouveau: ne construire qu'un seul hôpital, bilingue, à la fine pointe du développement scientifique, plutôt que de dilapider des milliards dans deux hôpitaux neufs qui, à cause des compromis financiers, seront moins performants.

On le savait...

Au gouvernement, des sources fiables confirment que l'on savait déjà depuis un moment que cet échéancier de 2010 n'avait guère de chances d'être respecté.

On prévoit d'ailleurs que les premières autorisations nécessaires pour le financement ne surviendront qu'en 2008-2009; soit après la prochaine campagne électorale, dans le mandat d'un prochain gouvernement.

La Presse avait annoncé le printemps dernier que Québec allait opter pour des partenariats public-privé pour la réalisation des mégahôpitaux, ce qui allait entraîner des délais importants. Québec avait, en avril, confirmé ce choix de l'option des PPP. Du même souffle il avait reconnu aussi une hausse importante de la facture. Mais M. Couillard avait maintenu alors que la livraison des établissements en 2010 ne serait pas reportée.

Bien qu'on ait annoncé le début des travaux pour mai ou juin 2007, on sait déjà, du côté des responsables des deux projets, que rien ne pourra être prêt à ce moment. On est encore bien loin de lancer des appels d'offres, on ne sait même pas quoi soumettre. Car les plans fonctionnels et techniques des deux établissements - des décisions générales comme le nombre de salles d'opération et leur emplacement même approximatif - sont loin d'être terminés, en dépit de ce que soutenaient les gestionnaires des deux établissements.

Depuis des semaines, les deux organisations soutiennent que cette étape exigeante est finalisée. Or, en grattant un peu, le comité de Clermont Gignac s'est vite rendu compte qu'on était loin d'être aussi prêt, tant au CHUM qu'au CUSM.

Les ententes entre les médecins, un passage obligé et délicat, ne sont pas davantage au rendez-vous. Dans l'organisation physique des futurs établissements, on est donc encore très loin de l'étape des appels d'offres, explique-t-on. Tout au plus le groupe des PPP, relevant de Pierre Lefebvre, promet d'accoucher du «plan financier» pour la mi-décembre.

Devant ces informations, au cabinet du ministre Couillard, on est clairement embarrassé. «On souhaite que les projets soient livrés le plus rapidement possible, mais en évitant la désorganisation constatée dans des projets comme le métro de Laval et Gaspésia», dira d'abord la porte-parole Isabelle Merizi.

Des reports sont en vue? «Pour l'instant on serait bien malins si on pouvait parler de date», précise-t-elle, soutenant «qu'il y a peut être d'autres scénarios que 2011 qui sont examinés, mais c'est pour nous permettre de faire des choix, les meilleurs projets dans les meilleurs délais avec les meilleurs coûts».

Pas de gestion morcelée

Il y a 10 ans cette année que Saint-Luc, Notre-Dame et l'Hôtel-Dieu ont été fusionnés administrativement pour former le CHUM. Or la rivalité entre les établissements n'a jamais cessé.

Même topo du côté anglophone: le projet de CUSM prévoit quatre îlots, et «tout le monde veut passer en premier». En apparence, le projet d'hôpital anglophone semble plus avancé, mais il s'agit de la décontamination du sol de la cour Glen, opération pratiquement terminée.

Les politiciens, de leur côté, marchent sur des oeufs, car le feuilleton du CHUM risque de devenir le symbole de l'incapacité du gouvernement de prendre des décisions.

Les deux hôpitaux tiennent énormément à ce que, publiquement, on maintienne les échéanciers car il s'agit d'un argument important pour les campagnes de financement en cours. Pour maintenir la flamme, le CHUM annonçait d'ailleurs hier qu'il avait choisi les firmes d'ingénieurs qui travailleront sur le projet, éventuellement.

Les deux établissements font encore pression sur le gouvernement pour qu'on donne le feu vert à une gestion «par lots» de ces deux projets. On pourrait ainsi rapidement entamer les travaux d'excavation, un geste symbolique important pour trouver du financement.

Mais déjà la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, a fait savoir qu'il ne saurait être question «de creuser le trou sans qu'on sache exactement ce que cela allait coûter». Elle opposera son veto incontournable à toute planification qui permettrait d'entamer des travaux sans avoir de garanties quant au coût final du projet.

Dans l'un de ses plus récents rapports, le vérificateur général Renaud Lachance pourfendait d'ailleurs ce genre de gestion de projets, amorcés sans que l'on ait d'assurance sur leur conclusion. Cette méthode largement répandue a ouvert la porte à des dérapages importants dans la construction d'édifices publics, constatait-il.


La tristesse du ministre Couillard
unseulchu.org, 24 octobre 2006


Ont signé ce texte, au nom de la Coalition pour un seul mégahôpital universitaire à Montréal, unseulchu.org
Pierre-André Julien, économiste, Université du Québec à Trois-Rivières, récipiendaire du Prix Marcel-Vincent et Chevalier de l'Ordre national du Québec en 2006
Denis Lazure, médecin psychiatre, ministre des Affaires sociales dans le cabinet Lévesque, ex-directeur de plusieurs hôpitaux
Guy Rocher, sociologue, Université de Montréal ; il fut membre de plusieurs commissions et comités d'enquête ou d'étude, québécois et canadiens, sur des questions d’intérêt public.
Jean Dorion, président général, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, ex-directeur de cabinet du Ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française, délégué général du Québec au Japon (1994-2000)
Robert Laplante, directeur, Institut de recherche en économie contemporaine et directeur, revue L’Action nationale
Patrick Sabourin, étudiant à la maîtrise à l'université McGill, auteur d’études sur le financement des universités et l’exode des médecins du Québec

La remise en cause du gigantesque gaspillage que constitue le projet de dédoublement des méga-centres hospitaliers universitaires déclenche des réactions qui ne font pas honneur à notre lucidité collective et à notre capacité de regarder froidement les choix à faire pour un usage optimal des nos ressources. Une telle décision mérite pourtant des explications claires. Personne n’a encore fait la démonstration que le bien commun serait mieux servi par la dispersion des ressources plutôt que par la création d’une seule institution à vocation nationale. On a plutôt l’impression, au contraire, que les autorités gouvernementales, les responsables universitaires et les porte-parole du corps médical font tout pour éviter les éclaircissements, pour ne pas expliciter les critères et les motifs qui les inspirent.

Une approche inclusive
Nous avons donc eu droit, en réaction au lancement du rapport de la coalition unseulchu.org, à l’habituelle démagogie qui caractérise depuis le début l’attitude des promoteurs de cette dépense indécente. Comme il fallait malheureusement s’y attendre, la réaction la plus déplorable est venue du Ministre lui-même. Au lieu de répondre sur le fond des choses et de s’en tenir aux données et résultats objectifs de notre étude, le ministre Couillard a tenté de faire dévier le débat en nous faisant le coup de la réaction émotive. Cela l’a rendu «triste » qu’on lui pose des questions précises et il a préféré esquiver en tentant de salir le messager.

Le ministre tristounet s’est pourtant approché, bien malgré lui, de la vérité. En s’affirmant triste qu’il s’en trouve parmi nous pour maintenir «des frontières entre nos deux communautés» (Cyberpresse. 13 octobre), Philippe Couillard ne pouvait pas mieux dire. C’est précisément ce que fait son projet. Nous proposons au contraire d’abolir ces frontières et de concevoir un centre hospitalier qui reposera sur la collaboration et la cohabitation dans une même institution des deux facultés de médecine. Nous ne voulons pas du développement séparé. Pour nous, l’avenir est à la concertation et à la coopération. Pourquoi n’est-ce pas possible de faire travailler ensemble dans une même institution nationale les facultés de médecine de McGill et de l’Université de Montréal? C’est une question simple pour laquelle nous aimerions une réponse franche.

Il y aurait quelque chose de profondément indécent et d’irresponsable socialement à dépenser près de quatre milliards de fonds publics (et sans doute bien plus dans les faits) pour créer des chasses gardées et maintenir des barrières linguistiques. Ceux qui, comme le docteur Porter qui pilote le MUHC, ne veulent pas «affaiblir le système de santé québécois» ont le fardeau de la preuve. C’est à eux de nous démontrer l’impossibilité de faire travailler ensemble deux institutions qui sont financées par les mêmes contribuables.

La création d’un seul centre hospitalier universitaire, on le sait bien, nécessiterait que soit posé clairement le statut de la minorité linguistique et de ses institutions dans notre système national. Au lieu de s’attrister, le ministre serait mieux d’arrêter de fuir et de dire des faussetés. Personne dans la coalition n’a jamais remis en cause l’existence de la faculté de médecine de l’Université McGill. Questionner son financement en regard de sa contribution au contingent de médecins pratiquant au Québec ce n’est pas en menacer l’existence, c’est tout simplement se préoccuper de la saine gestion des fonds publics.

L’équilibre linguistique est un critère de gestion
Et à cet égard, il y a quelque chose de profondément irresponsable à ne pas examiner la répartition des fonds publics selon les critères d’une politique qui doit servir le fait fondamental que le Québec est une société française. Respecter la minorité anglophone est une chose. La privilégier en jouant de critères inéquitables en est une autre. Le ministre peut-il nous donner les critères objectifs qui justifient la répartition 50-50 d’une enveloppe budgétaire dans un Montréal métropolitain où les anglophones forment 12,1% de la population?

L’Université de Montréal, qui forme quatre fois plus de médecins pratiquant au Québec que McGill, est systématiquement discriminée par ce mode de financement. Il est désolant que ses responsables acceptent ainsi de jouer les underdogs dans un projet qui devrait les mobiliser pour propulser la médecine francophone dans le prochain siècle. Leur silence cautionne la minorisation du fait français à Montréal, en plus de souscrire à la marginalisation de leur propre institution.

La coalition unseulchu.org ne veut pas jouer à ce jeu de dupes. On ne nous culpabilisera pas en nous faisant le coup de l’ouverture sur le monde que nous donnerait une Université McGill qui attire des candidats de partout dans le monde. Si elle le fait c’est d’abord parce que les fonds publics le lui permettent. On ne voit pas pourquoi les fonds publics alloués à une institution unique n’auraient pas le même effet. À ce jeu comptable, il faut vraiment se demander à quel endroit le Québec français en aurait le plus pour son argent. Et cela sans se demander si le Québec a vraiment les moyens de subventionner tant de places pour étrangers.

La primauté de la recherche sur le béton
Le projet des deux méga-hôpitaux est lamentable pour une autre raison, tout aussi fondamentale : nous allons faire primer le béton sur la recherche. Ce dédoublement va absorber des ressources faramineuses pour les bâtisses et pour financer les bureaucraties dédoublées, détournant d’autant les sommes qui pourraient être consacrées à la recherche. En choisissant de ne pas toucher aux privilèges de Mcill, nous commettons une faute contre l’intelligence.

On comprend bien que les firmes d’ingénierie et les vendeurs de béton exaltent la formidable poussée de croissance économique que donneront ces projets à la métropole. Mais c’est un leurre. Le vrai développement économique, lui, dépendra de l’accroissement de la capacité de recherche et cela devrait passer par une augmentation des ressources disponibles pour les chercheurs. C’est là que les fonds publics doivent aller en priorité. Philippe Couillard ne devrait pas être triste mais honteux. Il brade l’avenir pour couler des privilèges dans le béton.


A-t-on vraiment le bien-être des patients à coeur? - La FMRQ dénonce l'attitude sectaire de la Coalition pour un seul CHU
Communiqué, 12 octobre 2006
Martin Bernier, président FMRQ et médecin résident au MUHC


    MONTREAL, le 12 oct. /CNW Telbec/ - Je suis sidéré d'entendre des propos
comme ceux que véhicule la Coalition pour un seul CHU, a déclaré le Dr Martin
Bernier, président de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ),
alors qu'il prenait connaissance des propos tenus ce matin en conférence de
presse par les représentants de cette coalition.
    "L'argumentaire que soutient la Coalition pour un seul CHU est
démagogique, a poursuivi le Dr Bernier, d'autant plus que la raison d'être
d'un centre hospitalier universitaire anglophone à Montréal ne vise pas
seulement l'enseignement. Le président de la Fédération a souligné que les
délais déjà encourus pour amorcer la construction de nos deux hôpitaux
universitaires de la région de Montréal ne peuvent pas être retardés indûment,
surtout par de tels propos. Il a également tenu à souligner que le débat a
déjà été fait sur ce point. Le conseil des ministres a tranché. "Pourquoi
devons-nous revenir en arrière constamment dans ce dossier?", a-t-il indiqué.
    "De toute façon, soutient le Dr Bernier, le CUSM forme des médecins
anglophones et francophones - on en compte présentement 567 en formation, tant
en médecine familiale qu'en spécialité - et on y traite des citoyens de toutes
nationalités et dans 21 langues différentes, partout à travers la province,
notamment par le biais de corridors de services. A cet égard, notons que 70 %
des patients qui sont traités au CUSM sont francophones. Le président de la
Fédération a rappelé d'autre part que les patients ne quittent pas le Québec
eux. Déjà les centres hospitaliers du Québec ne suffisent pas à la tâche.

    Excellence et rayonnement : un plus pour le Québec

    L'Université McGill était classée récemment 21e meilleure au monde et
meilleure au Canada, selon le quotidien londonien The Times. "Au lieu de
s'enorgueillir de la qualité de la formation universitaire au Québec, incluant
celle en médecine, et du rayonnement de nos facultés à travers le monde, les
protagonistes d'un seul CHU veulent appauvrir le Québec et s'approprier tous
les champs d'expertise en médecine. "Le rayonnement de l'Université McGill
n'enlève rien aux autres facultés au Québec", a fait remarquer le Dr Bernier.
    Par ailleurs, il convient de rappeler qu'une très forte proportion des
médecins formés à la Faculté de médecine de l'Université McGill qui quittent
le Québec, proviennent d'autres provinces et retournent chez eux. Ils ont
choisi de faire leur formation postdoctorale au Québec à cause de la qualité
de la formation qui y est dispensée. Nous devrions nous en réjouir.
D'ailleurs, c'est cette réputation qui nous permet d'importer l'expertise de
calibre internationale. En effet, au cours des huit dernières années,
449 experts dans leurs disciplines médicales respectives ont été accueillis au
sein du CUSM, pour dispenser de l'enseignement et poursuivre des recherches de
pointe.
    La Fédération des médecins résidents du Québec est déçue de l'attitude
mesquine dont font preuve les membres de la Coalition pour un seul CHU.

    La Fédération des médecins résidents du Québec

    La Fédération des médecins résidents du Québec regroupe les quatre
associations de médecins résidents des facultés de médecine de Montréal,
McGill, Sherbrooke et Laval à Québec. Elle compte 2 435 membres, dont 955 se
destinent à une pratique en médecine familiale et 1480 poursuivent une
formation dans l'une des 35 spécialités reconnues au Québec. De ce nombre,
40 % sont des hommes et 60 %, des femmes. Les médecins résidents dispensent
des soins à la population une centaine d'établissements, que ceux-ci soient
locaux, régionaux, universitaires, des centres affiliés universitaires ou des
instituts universitaires, dans toutes les régions du Québec, en moyenne
72 heures par semaine. La durée de la formation postdoctorale en médecine
familiale est de deux ans, celle des médecins spécialistes varie de cinq à
sept ans, selon la spécialité choisie.

Renseignements: Mme Johanne Carrier, conseillère en communications,
Fédération des médecins résidents du Québec, (514) 282-0256, 1-800-465-0215,
Cellulaire: (514) 591-0502, Téléavertisseur : (514) 751-9983; Source : Dr
Martin Bernier, président, Fédération des médecins résidents du Québec

Unseulchu.org - Déclaration de la Coalition pour un seul mégahôpital à Montréal
Communiqué, 12 octobre 2006
Unseulchu.org


MONTREAL, le 12 oct. /CNW Telbec/ - Faisant fi des dépassements de coûts
appréhendés, le gouvernement du Québec s'apprête à engouffrer au moins
3,6 milliards dans la construction simultanée de DEUX mégahôpitaux à Montréal,
le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et le McGill
University Health Centre (MUHC).
    Nous estimons qu'économiquement, démographiquement, du point de vue de
l'efficacité administrative comme de celui de la qualité des soins aux
patients, la construction de deux mégahôpitaux à Montréal est une aberration.
Surtout que l'on sait maintenant que McGill refuse de participer avec
l'Université de Montréal à un partage des surspécialités, qui éviterait une
partie du déboublement actuel des coûts.
    D'une part, il est loin d'être évident que la taille d'une ville comme
Montréal justifie ce dédoublement des structures et des coûts, compte tenu de
la faiblesse des ressources financières disponibles. On parle de 3,6 milliards
investis dans du béton et de l'équipement, uniquement dans la métropole, alors
que l'ensemble du Québec connaît une pénurie sans précédent de médecins et de
personnel dans le système de la santé. Mentionnons que, selon la Fédération
des médecins spécialistes du Québec, il manque environ 1 000 médecins
spécialistes au Québec.
    De plus, l'attribution de 50% du financement au mégahopital anglophone
revient, ni plus ni moins, à rendre permanente la pénurie de médecins au
Québec. Bon an mal an, plus de 50% des diplômés provenant de la "Medical
School" de McGill quittent le Québec, surtout pour l'Ontario et les
Etats-Unis. Dix ans après la diplômation, on compte 63% de départs parmi les
médecins mcgillois. L'Université de Montréal a formé 4 fois plus de médecins
pratiquant présentement au Québec que son homologue de langue anglaise. Entre
1995 et 2002, alors que le Québec subissait une perte nette de 355 médecins,
450 médecins mcgillois quittaient le Québec pour aller s'établir ailleurs.
Pourtant, le MUHC recevra autant de fonds publics que le CHUM!
    On invoque des "raisons historiques et linguistiques" pour justifier la
construction du MUHC. En fait, l'ampleur de l'investissement évoque davantage
la poursuite d'un rapport colonial que le respect d'une minorité historique.
Les anglophones ne représentent en fait que 12,1% de la population de la
région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal. Les francophones
(67,3%) sont presque cinq fois et demi plus nombreux!
    Dans un contexte de rareté des ressources, la simple logique voudrait
qu'on ne construise à Montréal qu'un seul mégahôpital, un projet emballant et
rassembleur regroupant les chercheurs des deux universités et administré dans
la langue officielle du Québec par son personnel de toutes origines, avec des
accommodements au niveau des soins en faveur des patients qui ne la parlent
pas, comme on en fait dans tous les pays civilisés. Mais si l'on veut
absolument construire le MUHC, il devrait obtenir 12% du budget total. Toute
autre répartition du financement constitue une injustice qui pénalisera les
francophones et encouragera l'anglicisation des allophones (le réseau
hospitalier est l'un des plus gros employeurs à Montréal) en plus d'impliquer,
par la duplication, un gaspillage des ressources déjà insuffisantes du Québec
dans le secteur de la santé.
    Rappelons qu'un sondage CROP indiquait le 29 mars 2006, que 76% des
Québécois étaient en faveur de la construction d'un seul mégahôpital
universitaire. Le projet de construire deux mégahôpitaux à Montréal n'a pas
l'appui de la population. Les infrastructures hospitalières comme les
infrastructures routières de tout le Québec doivent cesser d'être négligées au
profit d'une concentration à Montréal.

    La coalition unseulchu.org est une coalition non partisane de citoyens
qui réclament :

    <<
       - Que le projet de la cour Glen soit abandonné.  Les bâtiments actuels
         du MUHC pourraient être modernisés à plus faible coût.
       - Qu'un seul mégahôpital soit construit, soit celui de l'Université de
         Montréal.
       - Que cet hôpital soit partagé avec l'université McGill dans le cas
         des surspécialités requérant une concentration des services.
    >>

    Le site Internet de la Coalition est déjà actif et une pétition a
commencé à circuler. La Coalition unseulchu.org invite le Gouvernement à
suspendre le projet de construction du MUHC afin d'éviter un nouveau Mirabel
de la santé. Pendant qu'il en est encore temps, nous exhortons le Gouvernement
à effectuer des audiences publiques et que, cette fois toutes les options
soient sur la table, notamment celle, emballante, d'un seul CHU à Montréal.

    La présente déclaration a été lue en conférence de presse ce matin par
Jean Dorion, sociologue, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste
de Montréal, ex-directeur de cabinet du Ministre responsable de l'application
de la Charte de la langue française, délégué général du Québec au Japon
(1994-2000), en présence de

    Denis Lazure, médecin psychiatre, ministre des Affaires sociales dans le
cabinet Lévesque, ex-directeurs de plusieurs hôpitaux

    Guy Rocher, sociologue, Université de Montréal ; il fut membre de
plusieurs commissions et comités d'enquête ou d'étude, québécois et canadiens,
sur des questions d'intérêt public

    Pierre-André Julien, économiste de l'Université du Québec à
Trois-Rivières, récipiendaire du Prix Marcel-Vincent et Chevalier de l'Ordre
national du Québec en 2006

    Patrick Sabourin, étudiant à la maîtrise à McGill, auteur de plusieurs
études sur le financement des universités et l'exode des médecins du Québec

    au nom de la Coalition pour un seul mégahôpital universitaire à Montréal,
unseulchu.org


Renseignements: Mario Beaulieu, (514) 839-4140, (514) 843-8851

 


CHUM - Un pas de plus
Radio-Canada.ca, 6 septembre 2006


Le conseil d'arrondissement de Ville-Marie a adopté mardi soir un règlement autorisant le Centre hospitalier universitaire de Montréal à aller de l'avant avec l'implantation du grand hôpital au 1000, rue Saint-Denis. Le Conseil a lancé le processus pour tenir une consultation publique sur le projet.

Si tout va bien, les permis de construction du CHUM pourraient être délivrés dès la fin de l'hiver, pour être ensuite soumis à l'étude par l'Office de consultation publique de Montréal dès le mois prochain.

Selon le maire de l'arrondissement, Benoit Labonté, cette étape enclenche de façon définitive la construction d'un nouvel hôpital universitaire au centre-ville, là où se trouve l'hôpital Saint-Luc. Personne ne peut toutefois dire quand aura lieu la première pelletée de terre.
Nouveau plan du CHUM

Le projet de plus de 1,5 milliard devrait permettre la création d'un pôle de développement des sciences de la santé dans cette partie du centre-ville. Un organisme vient d'être créé dans le but d'attirer des établissements de recherche autour du CHUM.

Radio-Canada a appris que le nouvel organisme sans but lucratif aura le mandat d'attirer plusieurs des quelques 600 centres de recherches en sciences de la vie de la région à élire domicile entre le CHUM et le palais des Congrès.

Radio-Canada a obtenu des images de la nouvelle maquette du CHUM. Les administrateurs du projet prévoient construire de nouvelles tours dans lesquelles seront logés les futurs centres de recherches.

Ces investissements sont inclus dans les quelque 1,5 milliard de dollars prévus pour l'ensemble du projet.

Les premiers 55 millions de dollars ont déjà été débloqués, notamment pour acheter l'immeuble de Vidéotron, qui sera transformé en centre d'enseignement.


Mégahôpitaux - Les professionnels ne doivent pas être les seuls à payer
Le Devoir, 22-23 juillet 2006
André Bourassa,
Président de l'Ordre des architectes du Québec


Au début de juin, le bureau du directeur exécutif des projets de modernisation du CHUM, du CUSM et du CHU Sainte-Justine faisait une annonce pour le moins surprenante. En raison de ses préoccupations budgétaires, le gouvernement a décidé de faire porter sur les architectes et autres professionnels tout dépassement de coût ou tout retard dans l'échéancier prévu pour la construction annoncée des trois mégahôpitaux de Montréal.

Alors que le gouvernement reconnaît que les imprévus sont «la faute de tout le monde», seuls les professionnels écoperont d'une pénalité de 25 % s'il y a dépassement du budget estimé. Pour faire passer la pilule, on leur fait miroiter une prime bien inférieure mais que nul ne parvient à chiffrer réellement si, d'aventure, ils parvenaient à compléter les travaux à un coût moindre que l'estimation.

L'Ordre des architectes du Québec convient de l'importance de construire dans le plus grand respect des budgets établis. Par contre, nous contestons cette approche extrêmement réductrice du gouvernement, qui ne jure que par le respect des budgets et n'en impute la responsabilité qu'aux professionnels !

Il nous apparaît pour le moins surprenant que la solution la plus économique et la plus rentable que le gouvernement ait pu trouver pour le long terme soit la construction simultanée de trois mégahôpitaux dans la même ville et dans un échéancier serré. A-t-on seulement pensé que, par son gigantisme, ce chantier -- le plus gros au monde dans le domaine de la santé, selon ses instigateurs ! -- possède en lui le germe d'une pénurie tant en matériaux de construction et en équipement qu'en main-d'oeuvre ? Il n'y a rien de tel qu'une situation de pénurie pour faire bondir les prix et engendrer d'importants dépassements de budget. Et l'on voudrait blâmer les architectes pour cet état de fait qui est totalement indépendant de leur volonté ?

Obnubilés par les questions budgétaires, les responsables du projet semblent escamoter l'aspect qualitatif qui devrait occuper l'avant-scène dans le cadre d'un projet d'une telle envergure. Tout en négligeant de mettre l'accent sur la qualité des travaux, le gouvernement met d'emblée la table pour un dépassement important des coûts de construction en plus de ne pas répondre adéquatement aux besoins des usagers, des médecins et du personnel hospitalier.

Dans ce dossier, la clause de pénalité sur la base de dépassement des coûts estimés pourrait bien avoir un effet pervers. Confrontés à un risque de faillite réel dans le cas d'un dépassement de coûts (une pénalité de 25 % correspondant à beaucoup plus que les profits potentiels), bien des professionnels, avec la promesse d'une prime, pourraient être tentés de faire preuve d'une extrême prudence et de gonfler leurs estimations de coûts afin de s'assurer une marge de protection. Cette réaction, bien humaine, aurait pour effet de livrer un bâtiment potentiellement moins cher mais assurément de moindre qualité que ce qui est attendu par tous.

Il n'est pas acceptable pour l'Ordre des architectes du Québec que le gouvernement induise artificiellement chez les professionnels un réflexe qui est contraire à l'éthique professionnelle. De plus, cette situation démontre bien l'incompréhension du gouvernement devant le rôle de ses professionnels et les possibilités qu'ils offrent lorsqu'ils sont bien encadrés.

La préparation d'une estimation des coûts de construction est une étape cruciale dans le processus d'un projet. Elle vise à déterminer le prix juste et à prévoir les coûts réels de construction. Une estimation trop basse est une erreur. Une estimation trop haute l'est tout autant. On devrait donc évaluer la performance du professionnel en fonction du fait qu'il a bien estimé les coûts de construction, en lui donnant une marge de manoeuvre raisonnable vers le haut ou vers le bas.

Comme si le projet des mégahôpitaux n'était pas déjà suffisamment complexe en soi, le gouvernement souhaiterait, en plus, imposer la formule des PPP, formule que les partenaires de l'industrie, dans l'ensemble, ne connaissent pas encore très bien. C'est plus qu'il n'en faut pour s'assurer de coincer les professionnels entre le client (les mégahôpitaux) -- qui peut, au cours des soixante mois que dureront les projets, exiger des modifications ou des mises à jour -- et l'entrepreneur ou le partenaire privé qui réalisera concrètement les hôpitaux en faisant face à des imprévus inévitables, le tout sous le regard d'un État qui s'en lave les mains et n'est pas imputable de ses propres errements.

Souhaitons que le gouvernement revienne sur ses intentions avant qu'il ne soit trop tard. Tant que les contrats ne sont pas signés, il peut toujours faire marche arrière.
 


Children's keeps key units
Bitter Rivalry; I won't impose transfer of services from anglo hospital to Ste. Justine, Couillard says
The Gazette, 11 juillet 2006
Aaron Derfel


MUHC executive director Arthur Porter says he is pleased with the report's recommendations and confident that the Montreal Children's Hospital and Ste. Justine Hospital can work together.

The Montreal Children's Hospital will keep its cardiac-surgery, cancer-care and trauma units after all, the Quebec government announced yesterday.

After months of uncertainty, Health Minister Philippe Couillard has decided to maintain the status quo after having considered a proposal to transfer key medical specializations from the Children's to Ste. Justine Hospital.

The proposal provoked a bitter rivalry between the two institutions.

"In terms of the outcome, there is no recommendation to displace completely one service to the other side - like, for example, pediatric cardiac surgery," Couillard told The Gazette.

"The government will in no way impose (anything) whatsoever.

"We will not close any pediatric surgical centre. We will not fuse them.

"We will let the clinicians (at the two hospitals) work together, and with time we'll see what conclusions they come to," he added.

Couillard's decision follows a government report yesterday recommending that both hospitals move toward some joint medical programs but that cardiac surgery and trauma remain at each institution.

Last December, the Health Department caused an outcry when it proposed shifting complex cardiac surgery, cancer care and trauma services from the Children's to Ste. Justine. The government had touted the transfer as "clinical complementarity" and suggested it would improve care and save money at the same time.

But doctors at the Children's warned that the transfer would undermine the future of their hospital.

The proposal also renewed language tensions.

Ste. Justine, a francophone hospital, is affiliated with the Universite de Montreal and is undergoing a multimillion-dollar expansion.

The Children's, founded as an anglophone hospital, is allied with McGill University.

To break the impasse, Couillard appointed Michel Baron, a former dean of the medical school at the Universite de Sherbrooke, to review the complementarity proposals and come up with recommendations.

"I think the process was good," Couillard said.

"More than 70 clinicians participated.

"It was well-driven by Dr. Baron all along. The first good outcome I see out of it is that all parties ... wish to continue to work together."

Arthur Porter, executive director of the McGill University Health Centre, which oversees the Children's, said he was pleased with the report's recommendations.

"There's a reassurance that at the Children's and other hospitals, the high quality of medicine and surgery that takes place will be preserved," Porter said.

The report did recommend that bone-marrow transplants be concentrated at one site.

Couillard hinted that Ste. Justine, where such transplants are "already mainly concentrated," is the best site.

Porter responded that "if the physicians and staff at the Children's feel it is appropriate, then I'm sure they would be able to work together (on bone-marrow transplants) at whatever site."

Officials at Ste. Justine Hospital refused to comment, saying they will issue a statement today.

In late December, the executive director of Ste. Justine, Khiem Dao, wrote an internal memo criticizing the Children's and MUHC for expressing their concerns in a "noisy, public manner."

In an annex to the Baron report, two consultants from Alberta recommend that at some point only one pediatric cardiac-surgery site be established. The consultants did not name the hospital.

Couillard acknowledged that cardiac surgery might be concentrated at one site eventually, but said that might not happen for a long time.

Porter dismissed the recommendations of the Alberta consultants as superficial.

"When you look at things and maybe not take in the whole reality of the situation - the types of patients (we see at the Children's), the types of procedures, the fact that we offer a continuum of pediatric-to-adult care - yes, consultants can come up with recommendations that are based on numbers," he said.

"But as you can see with the rest of the report, this is an open question at this point."

The Baron committee also makes a number of recommendations for adult medical services, but the government proposals never sparked the kind of debate that they did for pediatric care.

aderfel@thegazette.canwest.com


La complémentarité se bute aux dissensions
Radio-Canada.ca, 10 juillet 2006
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/regional/modele.asp?page=/regions/Montreal/2006/07/10/009-rapport-CHUM-BAron.shtml


Les médecins spécialistes sont pratiquement unanimes sur la nécessité d'arrimer les expertises des centres hospitaliers universitaires montréalais. Par contre, cette belle unité se brise lorsqu'il s'agit d'appliquer concrètement ces principes.

Le docteur Michel Baron, président de la Table de concertation sur la médecine universitaire de Montréal, a remis son rapport au ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard. Ce dernier avait confié à M. Baron, en décembre 2005, le mandat d'avancer des propositions tangibles de complémentarité entre les centres hospitaliers universitaires de Montréal pour améliorer l'accessibilité et la qualité des soins dispensés à la population.

Le groupe de travail devait proposer des modes de fonctionnement permettant au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), au Centre hospitalier universitaire mère-enfant (CHUME) Sainte-Justine et à l'Hôpital de Montréal pour enfants de fonctionner conjointement dans certaines disciplines.

Résultats inégaux

Le Dr Baron souligne que les travaux sont suffisamment avancés dans certains domaines pour envisager des collaborations. C'est le cas des greffes hématopoïétiques pédiatriques, du cancer adulte et pédiatrique, de même que de la neurologie adulte. Les rapprochements ont été assez significatifs dans les domaines de la transplantation et de l'orthopédie complexe pour qu'une gouvernance conjointe soit envisagée.

Il en va tout autrement en cardiologie pédiatrique et en neurochirurgie pédiatrique où le consensus est impossible, selon le rapport du Dr Baron.

De façon générale, les dissensions surviennent lors de la désignation d'un site unique. Les mécanismes de gouvernance constituent également des pommes de discorde importantes.

Le Dr Baron a précisé que les cliniciens, bien qu'ayant réalisé certains rapprochements lors des discussions, sont généralement revenus sur leur position dans leur rapport final. Il souligne aussi que les milieux universitaires de Sherbrooke et de Québec devront être impliqués dans les travaux futurs sur la complémentarité dans des domaines hyperspécialisés.


Construction du CHUM et du CUSM:
Les dérapages seront imputables aux professionnels

Le Devoir, 5 juillet 2006
Kathleen Lévesque


Si le projet de construction des hôpitaux universitaires CHUM et CUSM devait subir quelque dépassement de coût que ce soit ou un retard dans l'échéancier prévu, les architectes, ingénieurs et autres professionnels écoperaient d'une pénalité pouvant atteindre 25 % de leurs honoraires. À l'inverse, si les objectifs sont respectés, ils empocheront une bonification de 10 %.

C'est ce que le bureau du directeur exécutif des projets appelle un incitatif. Il s'agit à tout le moins d'un changement de culture fondamental. Le gouvernement du Québec a choisi d'introduire, dans les appels d'offres publics qui prendront fin la semaine prochaine, une clause rendant les professionnels responsables des projets du CHUM, du CUSM et de l'hôpital Sainte-Justine mais qui n'accorde pas pour autant le contrôle des projets.

Ainsi, les professionnels se retrouvent coincés entre le client (l'État) qui peut changer d'idées en cours de route et exiger des modifications et l'entrepreneur qui réalisera concrètement les hôpitaux en faisant face à des imprévus qui pourraient entraîner autant de coûts supplémentaires.

C'est par préoccupation budgétaire que le gouvernement a décidé d'agir de la sorte, a expliqué hier au Devoir Julie Masse, directrice des communications au bureau du directeur exécutif des projets. «C'est un incitatif à travailler de concert avec les professionnels, d'avoir un rapport plus serré avec eux, pour qu'ils se sentent imputables des projets. Il y a une façon de travailler dans la construction au Québec qui a conduit, dans certains projets, à des dépassements. C'est la faute de tout le monde! En instaurant une gestion de projet très serrée, ça permettra très certainement aux professionnels d'être capables d'atteindre leur bonification de 10 %», a indiqué Mme Masse.

Budget fixe

«Cette approche qui n'est pas habituelle» conduira à un travail de collaboration si des problèmes devaient survenir lors de la réalisation des hôpitaux. Mais les choix, a prévenu Mme Masse, devront tenir compte des quatre paramètres du dossier: budget, contenu, échéancier et qualité. Seul le budget est fixe. Les trois autres paramètres pourraient être modifiés selon l'évolution du projet.

À l'origine, les appels d'offres ne comportaient qu'une approche coercitive. Ce n'est qu'à la suite de démarches entreprises par des professionnels que Québec a consenti à offrir une contrepartie. La bonification n'atteint toutefois pas le niveau de la pénalité prévue.

Selon Johanne Desrochers, p.-d.g. de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ), cette nouvelle façon de faire constitue «un précédent inquiétant», bien que l'objectif soit louable. «Ce type de clause existe déjà dans certains contrats où les professionnels ont un certain pouvoir. Mais ce n'est jamais une pénalité de 25 % des honoraires. Il faut savoir que la moyenne des profits est de moins de 15 %. Des firmes pourraient donc être mises en faillite», a soutenu Mme Desrochers.

Dans le contexte où le Code civil du Québec prévoit déjà la responsabilité des professionnels, l'AICQ a demandé un avis juridique afin de comprendre les véritables impacts de la nouvelle approche gouvernementale. Selon Johanne Desrochers, la situation risque d'entraîner davantage de conflit que de collaboration. Les professionnels souhaitent être perçus comme de «fiers partenaires» et non comme d'éventuels coupables, a-t-elle fait valoir.

Si un dépassement de coûts devait se produire, ce ne serait pas par rapport au montant de 3,6 milliards évoqué en avril dernier par le ministre de la Santé, Philippe Couillard, et sa collègue du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget. Déjà, à ce moment-là, la facture estimée venait de grimper d'un milliard de dollars. Et le ministre Couillard avait précisé, deux fois plutôt qu'une, que «ce ne sont pas les coûts définitifs». Il faudra donc attendre que les plans et devis préliminaires des professionnels embauchés sous peu aient été complétés avant d'avoir une estimation plus juste.

Trois fournisseurs

Les appels d'offres pour services professionnels (ingénierie, architecture et gestion) se terminent le 13 juillet. En août, des comités de sélection, auxquels siègent des représentants (majoritaires) des hôpitaux et des représentants du directeur exécutif des projets, analyseront les candidatures soumises. Trois fournisseurs seront choisis, notamment en fonction de leur expertise et de leur expérience. Ils devront par la suite faire une proposition détaillée avec un prix. Chaque établissement est maître d'oeuvre de la réalisation de son hôpital et signera les contrats. Mais la coordination du processus d'appels d'offres, et plus largement des trois projets (CHUM, CUSM et Sainte-Justine), est entre les mains du directeur exécutif, Clermont Gignac, nommé par le ministre de la Santé l'été dernier.

Par ailleurs, les professionnels qui auront été choisis ne pourront pas soumissionner lors de l'étape subséquente du partenariat public-privé, à quelques nuances près. Par exemple, l'architecte choisi pour le CHUM ne pourra pas faire partie de l'équipe de PPP pour cet hôpital. Il pourra toutefois soumettre sa candidature dans le dossier du CUSM.
 


Le projet du CHUM a besoin d'une transfusion d'énergie
Les Affaires, 22 juin 2006
René Vézina


Le futur mégacomplexe du CHUM, dont l'installation est prévue au 1000, rue Saint-Denis, a grandement besoin de vitamines.

Pour l'instant, il souffre tous les jours de la comparaison avec son homologue anglophone. Il suffit de circuler aux abords du métro Vendôme, dans l'ouest de la ville, pour constater que le chantier du CUSM, lui, est en pleine effervescence. Bulldozers et camions s'y activent pour décontaminer ce qui fut la cour Glen. Le travail a commencé en 2005 et se poursuit rondement.

En revanche, il faut un acte de foi intégral pour imaginer le CHUM élevant ses seize étages en avalant l'actuel Hôpital Saint-Luc et tout le pâté d'habitations adjacent.

L'interminable débat qui a conduit à la décision d'y implanter ce qui devrait être le nec plus ultra des centres hospitaliers francophones a été trop embarrassant pour qu'il soit utile d'y revenir. On peut être pour ou contre, mais l'État a tranché et il faut désormais vivre avec ce choix. Encore doit-on sentir que le projet va de l'avant en suivant un plan de match clair. C'est malheureusement loin d'être le cas. L'embrouille se prolonge.

Plusieurs incertitudes demeurent. Il y a quelques jours, le Conseil du patrimoine de Montréal émettait de sérieuses réserves sur le bouleversement que la construction du CHUM entraînera sur le tissu urbain environnant. On évoque même, et c'était écrit dans le ciel, les complications qui risquent de survenir si on tombe durant les travaux sur des artefacts archéologiques de valeur. Sans oublier les problèmes de stationnement, la relocalisation des gens touchés, etc.

Ces complications, comme toutes les autres, vont finir par se traduire en coûts supplémentaires alors que l'addition donne déjà des sueurs froides. Aux dernières nouvelles, la facture atteindrait au bas mot un milliard et demi de dollars. Et avec notre tendance à sous-estimer les coûts... C'est là une autre incertitude troublante. On ne sait d'ailleurs plus si le gouvernement aura ou non recours aux PPP, quel en sera éventuellement le modèle, et comment on parviendra d'une façon ou d'une autre à trouver l'argent nécessaire.

Il importe de clarifier dès à présent toutes ces questions puisque le financement doit en partie venir d'une campagne de souscription publique. Or, dans le contexte actuel, générosité ou pas, il faut avoir la foi du charbonnier pour signer un chèque. En mars dernier, le ministre Philippe Couillard lui-même admettait que l'argent tardait à entrer.

Des histoires de complot

Mettez-vous à la place de ces "bienveillants donateurs" avec qui on devient tout miel lorsque vient le temps de faire appel à leur sens civique. On n'a pas toujours été tendres à leur égard. Rappelez-vous que le projet d'Outremont/Parc Extension a déraillé en partie parce qu'il avait la faveur du milieu des affaires... ce qui l'a rendu suspect aux yeux des activistes de tout poil incapables d'y voir une prise de position raisonnable. On s'est ému avec des histoires de complot, du genre : "On nous cache sûrement quelque chose."

Pendant ce temps, nos compatriotes anglophones ratissaient systématiquement le terrain. Près de la moitié de la somme visée, soit 140 M$ sur 300 M$, a déjà été recueillie. La campagne auprès des fondations privées et des grands donateurs achève. Reste à solliciter activement la communauté et les entreprises, et ce dernier volet se réalisera, dit-on, de concert avec la fondation du CHUM qui part, elle, de très loin.

D'autres sont également passés avant et ont fait une belle récolte. La Fondation de l'hôpital Sainte-Justine voulait obtenir 100 M$, elle a finalement recueilli 125 M$. L'Université de Montréal est allée chercher 225 M$, un record pour une université québécoise.

Dans les deux cas, le discours était clair et mobilisateur. Force est d'admettre qu'on ne peut en dire autant du CHUM dans sa nature présente. Il va falloir que ses responsables élaborent un plan de campagne éloquent pour que les sceptiques soient confondus.

Au moins, l'avancée du CUSM laisse croire que, dans ce cas, les délais seront respectés si le gouvernement ne se met pas à tergiverser. C'est important, ne serait-ce que parce que le destin de l'hôpital Shriners, rescapé in extremis l'été dernier, en dépend. Québec s'est engagé à relocaliser au plus vite cette institution remarquable. Les plans veulent qu'elle fasse partie, avec l'Hôpital de Montréal pour enfants, de la portion qui sera terminée en premier, d'ici la fin de la décennie. Il n'y a pas eu tant de moments de réjouissances dans tout ce dossier cahoteux, pour qu'on laisse perdre ce qui a été accompli. Pour la suite, croisons les doigts.
 


"Un seul et vrai hôpital pour Montréal"
Journal de Montréal, 17 juin 2006, p. A20
Yves Chartrand


Pierre Paradis s'inscrit en faux contre la construction de deux hôpitaux universitaires à Montréal, un pour les francophones et un autre pour les anglophones.
"On est rendu au XXIe siècle. Si on mettait l'argent qu'il faut pour un seul hôpital universitaire de haut calibre, on serait mieux que deux hôpitaux universitaires de bas calibre. On a besoin d'une vraie technopole de la santé", dit-il.
Pierre Paradis dit non seulement "avoir de la misère" avec les investissements que ces deux projets commandent, mais aussi avec "l'éloignement plus que le rapprochement des deux communautés".

Casser le moule
"Il faut casser le moule des deux solitudes et je pense que Montréal est rendu là. Les projets séparés vont coûter cher en déboursés mais aussi en synergie", estime-t-il, en rappelant qu'un petit hôpital de son comté est administré en communauté par des francophones et des anglophones.
"Au lieu de se heurter, les deux communautés s'enrichissent", dit-il, jugeant qu'il n'y a pas de raison pour que ce ne soit également le cas à Montréal.
Le projet du CHUM ne rallie pas la communauté et "ça se complique tous les jours", dit-il. "Quant [sic] tu réussis à rallier tout le monde, les obstacles deviennent facile à franchir", dit Pierre Paradis.


CHUM: Un projet expédié
Radio-Canada.ca, 14 juin 2006


Le projet du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) nuirait à la circulation, à l'environnement ainsi qu'à la préservation du patrimoine de la ville, selon un rapport du Conseil du patrimoine de Montréal (CPM).

L'organisme, qui ne dispose toutefois que d'un pouvoir consultatif, déplore l'évacuation rapide des études d'impacts dans ce projet de l'arrondissement Ville-Marie. De plus, il estime l'échéancier trop serré pour permettre des consultations adéquates quant aux répercussions sur le territoire.

Une douzaine de bâtiments, dont au moins six possèdent une valeur patrimoniale, seraient démolis. De nouvelles ailes seraient construites sur l'autoroute Ville-Marie et une rue serait fermée à la circulation dans le quadrilatère de la construction, ce qui aurait pour effet d'en augmenter la densité. Les places de stationnement seraient également insuffisantes, forçant le tiers de la clientèle du futur établissement à rechercher un espace à l'extérieur des aires de l'hôpital.

Les dommages à l'environnement sont aussi mal évalués, selon le CPM. Outre les conséquences négatives d'une densification de la circulation sur l'environnement, les études sur la contamination des sols et des eaux souterraines sont déficientes, estime l'organisme. Ce dernier déplore également le manque de sensibilité architecturale et historique du projet.

Il soutient également que les nouveaux bâtiments s'agencent mal à ceux du quartier et que le projet ne tient pas compte du potentiel archéologique du site.

La direction de l'arrondissement réplique que le CPM outrepasse son mandat lorsqu'il traite de circulation et de décontamination des sols. De son côté, la direction du CHUM se contente de préciser qu'aucune décision n'a encore été prise et que des discussions sont toujours en cours.


CHUM et CUSM : les appels d'offres lancés
La Presse, 9 juin 2006
André Noël


Une série d'appels d'offres vient d'être lancée pour les nouveaux centres hospitaliers de l'Université de Montréal (CHUM), de l'Université McGill (CUSM) et de Sainte-Justine.

Ils visent l'embauche des équipes professionnelles composés de maîtres de gestion de projets, d'architectes, d'ingénieurs civils et d'experts de génie mécanique, électrique et de structure.

Cette première étape signifie que les trois projets, dont le coût est évalué à plus de trois milliards de dollars, vont bel et bien de l'avant. «Elle symbolise un point de non-retour du projet CHUM 2010, a souligné le directeur général du CHUM, Denis Roy. Elle atteste de l'imminence des travaux.» Le directeur général du CUSM, Arthur Porter, a déclaré de son côté qu'il avait «hâte d'évaluer les soumissions et de sélectionner les équipes qui nous accompagneront dans cet important projet de société».

Il est déjà acquis que certaines composantes se feront en mode traditionnel, c'est-à-dire que la gestion sera publique. C'est le cas, par exemple, du futur Hôpital de Montréal pour enfants, qui sera construit au site Glen du CUSM. Pour le reste, chaque établissement va préparer des dossiers d'affaires avec l'Agence des partenariats public-privé afin de déterminer s'il est avantageux d'utiliser le mode PPP. Les recommandations seront soumises au gouvernement à l'automne.

Il y aura une équipe «maître de gestion de projets» différente pour chacun des trois projets, c'est-à-dire ceux du CHUM, du CUSM et de l'hôpital Sainte-Justine. Afin d'éviter les conflits d'intérêts, les équipes n'auront pas le droit de participer au dépôt d'une offre PPP dans le projet pour lequel elles sont déjà retenues comme équipe maître de gestion de projets. Aucune d'entre elles ne pourra non plus se voir accorder d'autres contrats de services professionnels dans les projets qu'elle dirigera.

Le CHUM

Le CHUM enverra bientôt des avis d'expropriation pour acquérir immeubles et terrains autour de l'hôpital Saint-Luc. Son document d'appel d'offres donne ces indications:

Un édifice principal de 15 étages sera construit à côté de l'hôpital Saint-Luc. Ce corps principal comportera les unités d'hospitalisation, les plateaux techniques, les activités ambulatoires, l'enseignement et les services de soutien. Un stationnement sera aussi construit.

L'édifice des Coopérants, situé au 333, rue Saint-Antoine, sera démoli. Le centre de recherche du CHUM sera construit à sa place.

L'édifice de Vidéotron, situé au 300, avenue Viger Est, sera conservé et réaménagé en cliniques externes et en locaux d'enseignement, au début du projet.

L'édifice Édouard-Asselin, situé à l'angle de la rue Sanguinet et du boulevard René-Lévesque, sera rénové pour aménager surtout les bureaux administratifs. Certains locaux de recherche seront maintenus.

Sainte-Justine

L'hôpital Sainte-Justine comprendra de nouvelles installations.

Le bloc nord-est du bâtiment actuel, construit en 1957, sera soit démoli et reconstruit, soit partiellement reconstruit en conservant la charpente et une partie des façades afin d'agrandir l'hôpital et d'aménager de nouvelles unités de soins et de services spécialisés.

Seront aussi construits un Centre du savoir (pour la recherche et l'enseignement) et deux nouveaux pavillons pour les besoins complémentaires et à long terme.

1800 places de stationnement seront construites.

Un centre de recherche abritera des laboratoires dits secs, ne nécessitant pas d'installations de plomberie ou d'évacuation d'air.

Le manoir Ronald McDonald, qui permet aux familles de vivre à proximité de leurs enfants hospitalisés, sera déménagé sur le site de l'hôpital.

Le CUSM

Les nouvelles installations du CUSM se feront en deux phases.

La phase 1 se déroule seulement sur le site Glen et comprend le nouvel Hôpital de Montréal pour enfants, le stationnement et les premières installations pour le traitement du cancer, pour les services ambulatoires, pour la recherche et pour les activités commerciales.

La phase 2 verra l'aboutissement des travaux au site Glen, notamment la construction d'un hôpital pour adultes ainsi que tous les travaux au site de la Montagne.


Projets du CHUM et du CUSM:
Bras de fer pour les fonds publics

Le Devoir, 9 mai 2006
Kathleen Lévesque


Les projets du CHUM et du CUSM suscitent un intérêt tel, dans le secteur de la recherche biomédicale, qu'une véritable partie de bras de fer se déroule actuellement dans les coulisses du milieu des affaires montréalais. Au coeur de ce ballet discret mais féroce, des investissements publics majeurs sont en jeu.

La présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, ne s'étonne guère de la situation, y voyant une prise de conscience du milieu des affaires devant ce qui pourrait se révéler un tremplin gigantesque pour le secteur de la santé et la recherche qui s'y rattache. «Le débat a lieu parce qu'on connaît la valeur d'avoir un centre de recherche. Ce sont des talents de haut niveau qui sont une valeur ajoutée ce qui entraîne d'autres investissements. Et c'est comme ça qu'on fait tourner la roue du développement économique», a affirmé Mme Hudon.

Elle n'ignore toutefois pas que les tiraillements s'apparentent à du sur-place alors que, à Toronto, MARS Discovery District se développe de façon concertée dans un quadrilatère d'un kilomètre carré et que le gouvernement ontarien y consacre des millions de dollars en infrastructures de soutien.

Ici, on bataille ferme pour que les fonds publics qui apparaissent limités soient concentrés ici ou là. Il y a les tenants d'une technopole concentrée à proximité du CHUM et une autre, dans le périmètre du CUSM. Mais il y a aussi des gens d'affaires qui ont des visées de développement dans la gare de triage d'Outremont, dans l'est de Montréal (anciens ateliers Angus) et même à Laval.

Lorsque le débat sur la localisation du CHUM faisait rage, l'an dernier, le milieu des affaires qui militait en faveur de la gare de triage d'Outremont, soutenait qu'il fallait donner priorité à la proximité des centres de recherche avec les hôpitaux universitaires. C'était là la seule garantie de succès économique et de performance scientifique, arguaient-ils. Mais depuis que le centre-ville a été choisi par le gouvernement du Québec, la synergie, la complémentarité sont des concepts qui ont été évacués du discours de ces mêmes gens d'affaires.

Les principales têtes d'affiche impliquées dans ce dossier se sont toutes retrouvées à Paris en février dernier avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay. Bien des cocktails et des événements visaient notamment à ce qu'il y ait des discussions afin d'éviter d'éventuels problèmes.

L'analyse commandée par Montréal International auprès des consultants de SECOR, dans une vision «multipolaire», accentue vraisemblablement les tensions. Chose certaine, des technopoles de la santé à différents emplacements sont déjà projetées. À Outremont, l'Université de Montréal présentera d'ici quelques semaines son plan préliminaire d'aménagement qui fera l'objet de consultations l'automne prochain.

Chez Convercité, la firme mandatée par l'Université de Montréal pour faire une consultation publique préalable, on s'enthousiasme pour le projet. «C'est un morceau de ville à créer», affirme la porte-parole Marie-Sophie Couture.

En effet, la gare compte deux millions de pieds carrés dont 1,8 million de pieds carrés doivent servir au développement d'un campus universitaire combiné à des centres de recherche.


La banlieue doit contribuer au succès du CHUM
La Presse, 4 mai 2006
Pascale Breton


Le succès du nouveau CHUM, qui sera construit au coût de 1,2 milliard de dollars au centre-ville, repose sur une réorganisation complète des hôpitaux de Montréal, mais aussi de la Rive-Sud et de la couronne nord. Le premier palmarès des urgences du Québec, publié cette semaine par La Presse et les six journaux du groupe Gesca, révèle que les pires urgences de la province se trouvent à Montréal.

L'hôpital Notre-Dame du CHUM se classe en queue de peloton. Les autres hôpitaux de l'établissement, l'Hôtel-Dieu et Saint-Luc, obtiennent à peine de meilleurs résultats. Ces données font craindre le pire pour le nouveau CHUM, qui doit ouvrir ses portes en 2011.

En entrevue à La Presse, le directeur des services professionnels du CHUM, le Dr Charles Bellavance, reconnaît que le succès dépendra de la participation des cliniques médicales, des CLSC et des urgences des autres hôpitaux de Montréal.

«Il faudra s'assurer qu'en amont et en aval, tout fonctionne comme sur des roulettes pour ne pas utiliser les lits de façon non efficiente et permettre au CHUM de remplir la mission pour laquelle on lui construit un nouvel édifice, c'est-à-dire une mission de pointe, d'excellence et de recherche», souligne le Dr Bellavance.

Les urgences du CHUM figurent parmi celles où la durée moyenne des séjours est le plus élevée. En 2004-2005, les patients de Notre-Dame devaient ainsi passer en moyenne 24 heures sur une civière aux urgences avant d'être hospitalisés aux étages.

Le Dr Bellavance explique la contre-performance de l'hôpital Notre-Dame dans le palmarès par sa vocation particulière. On y compte plusieurs spécialités de pointe, notamment en cancérologie et en neurologie. On y reçoit beaucoup de patients de la Montérégie et de la couronne nord. Cette mission d'excellence contribue à l'engorgement des urgences, dit-il.

S'il est vrai que les hôpitaux montréalais reçoivent beaucoup de patients provenant des autres régions du Québec, ça n'explique pas tout, précise le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard.

Les médecins doivent travailler davantage avec les gestionnaires. Les hôpitaux doivent mieux collaborer avec les cliniques médicales et les CLSC. «Montréal est un endroit où la culture du vase clos est la plus longue à changer», a affirmé le ministre en entrevue à La Presse cette semaine.

Il se montre confiant que des progrès se fassent avant l'ouverture du nouveau CHUM, prévue en 2011. Un centre de cancérologie ouvrira ses portes à l'hôpital Charles-LeMoyne, à Longueuil. Les patients de la Rive-Sud n'auront plus à traverser les ponts pour se faire traiter à Notre-Dame. Une équipe de neurochirurgiens a aussi été mise sur pied à Charles-LeMoyne. «L'autosuffisance des couronnes de Montréal est un enjeu majeur», reconnaît M. Couillard.

La répartition du transport ambulancier devra lui aussi être revu. Les hôpitaux du CHUM reçoivent actuellement 24 % des ambulances. La direction souhaite que cette quote-part soit revue à la baisse.


Couillard cite les anglos en exemple
La Presse, 2 mai 2006
Pascale Breton


La publication, hier, du palmarès des urgences du Québec a eu l'effet d'une bombe. Si la situation est particulièrement difficile dans la région de Montréal, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a soutenu que le portrait global s'est amélioré. Mais l'opposition péquiste est loin d'en être convaincue. Et le milieu de la santé a ses propres suggestions. Réactions.

Les succès des hôpitaux anglophones devraient servir d'exemple aux hôpitaux francophones de Montréal, croit le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard.

Le ministre a réagi hier à la publication du premier palmarès des urgences, réalisé par La Presse en collaboration avec les six journaux du groupe Gesca. Le palmarès révèle entre autres que la situation s'est dégradée dans le tiers des urgences de la province depuis 2002. Les pires urgences se trouvent à Montréal. Les meilleures sont en Gaspésie et dans Chaudière-Appalaches.

«C'est une bonne chose que ces données soient publiées», a reconnu d'emblée le ministre. Il nous a fourni les nouvelles données de l'année 2005-2006 pour 10 des plus grands hôpitaux de Montréal, désireux de montrer que la situation s'améliore malgré tout. Ces données n'étaient pas disponibles auparavant.

Il faut comprendre la raison pour laquelle certains hôpitaux qui ont une clientèle similaire affichent des résultats si différents, croit le ministre. De façon générale, les trois hôpitaux du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) affichent une moins bonne performance que ceux du Centre de santé universitaire McGill (CUSM).

«Je ne veux surtout pas ranimer la chicane entre les Français et les Anglais, mais il y a quand même des leçons à tirer», a déclaré M. Couillard, en entrevue à La Presse.

L'Hôpital général juif est un modèle depuis plusieurs années. En 2005-2006, le pourcentage des séjours de 48 heures aux urgences a encore diminué, note le ministre. «Dans ces hôpitaux (anglophones), il y a des cultures qui ont été transformées. On a fait des urgences une priorité et on a fait en sorte de régler le problème conjointement entre les médecins et les gestionnaires.»

L'hôpital Notre-Dame du CHUM et l'hôpital Royal Victoria, au CUSM, reçoivent tous deux des patients qui ont besoin de soins spécialisés, ce qui contribue à engorger les urgences. Pourtant, le premier établissement réussit moins bien que le second. «Mais il est vrai que le volume de patients est un peu plus élevé à Notre-Dame», reconnaît le ministre.

Culture du vase clos

La gravité des cas qui arrivent aux urgences et la quantité de patients qui affluent n'expliquent pas à eux seuls la contre-performance des hôpitaux. En région, les hôpitaux ont appris à travailler avec les cliniques médicales et les CLSC pour s'occuper des patients qui requièrent des soins mineurs.

«La culture du vase clos est plus longue à changer à Montréal», note M. Couillard. L'hôpital Santa Cabrini le reflète bien. L'hôpital figurait déjà en fin de peloton du palmarès de La Presse et voilà que la situation s'est encore détériorée en 2005-2006, note le ministre. «Pourquoi? Parce que l'hôpital n'est pas capable d'entrer en contact avec les CLSC et les CSSS (centres de santé et de services sociaux) autour de lui et de faire des partenariats», critique le ministre.

Malgré les efforts, la situation continue de se détériorer dans plusieurs urgences. Même en tenant compte des données ministérielles 2005-2006, un portrait de 10 grands hôpitaux montréalais démontre que la situation s'est améliorée dans quatre hôpitaux seulement. Elle s'est détériorée dans quatre autres.

Le ministre voit plutôt une lueur d'espoir. Depuis 10 ans, les visites aux urgences sont à la hausse. Après avoir atteint un sommet en 2003-2004, la durée moyenne des séjours aux urgences a malgré tout diminué légèrement depuis.

La durée moyenne de séjour est passée de 16,5 heures en 2003-2004 à 15,1 heures cette année. «Le fait que la demande augmente et qu'on ait un progrès, même mineur, montre que le degré d'efficacité est plus important dans le réseau», insiste M. Couillard.

Sur la bonne voie

La directrice générale de l'Agence de santé et services sociaux de Montréal, Louise Massicotte, croit elle aussi que les urgences de Montréal sont sur la bonne voie.

La région peut compter sur une enveloppe annuelle de 33 millions pour désengorger les urgences. Cette année, l'Agence a aussi distribué plus d'argent aux CSSS pour le maintien à domicile. «Ça permet aux personnes hospitalisées de retourner chez elles. Cette méthode fonctionne bien. Elle permet de désengorger les urgences d'une façon plus satisfaisante pour les patients», affirme Mme Massicotte.


Santé - Le gouffre sans fond de la santé et de la dette
Le Devoir, 18 avril 2006
Pierre-André Julien.  Économiste, Université du Québec à Trois-Rivières


Le gouvernement Charest vient d'expliquer que les coûts pour les deux grands centres hospitaliers universitaires montréalais passeraient de 2,6 à 3,6 milliards de dollars, dont une partie serait assumée par le privé dans un PPP. Comme si, finalement, ce n'est pas le public qui paiera en déboursements directs, en loyers et en marge bénéficiaire pour les promoteurs. Le ministre Philippe Couillard avouait d'ailleurs que ces coûts augmenteraient à mesure que les projets se développeraient.

Deux semaines plus tôt, le ministre des Finances entendait développer une stratégie, timide il est vrai, pour tenter de diminuer la dette transmise aux générations futures tout en reconnaissant aussi du bout des lèvres que, malgré la loi pour empêcher tout déficit budgétaire, la dette continuera d'augmenter.

Ces deux annonces sont éclairantes pour illustrer que l'on ne peut traiter le problème de la dette en se limitant à quelques fonds des générations à base de surprofits d'Hydro-Québec, comme le prônent ceux que l'on appelle maintenant les lucides.

À la source !

Pourtant, on sait au moins depuis 1495, avec les analyses du Vénitien Luca Pacioli, qu'en parlant de dette il faut nécessairement scruter aussi les dépenses et les sources de celles-ci. Or la santé, si on continue de la traiter comme on le fait, est un gouffre sans fond qui va drainer tout surplus gouvernemental et même les profits d'Hydro-Québec, sans que la dette diminue et que les pauvres et la classe moyenne en souffrent.

L'évolution des coûts des deux centres universitaires est un bon exemple de ce gouffre, dans ce cas volontaire, alors qu'un seul centre, comme dans toutes les villes du monde de même taille, suffirait. Il est vrai que si on remet en question le centre de l'université McGill pour épargner immédiatement un milliard de dollars et plusieurs centaines de millions de fonctionnement par année, les anglo-Québécois vont accélérer leur chantage, comme ce fut le cas dernièrement avec la rationalisation du fonctionnement des deux hôpitaux pour enfants, Sainte-Justine et le Montreal Children's Hospital, sous le prétexte que les enfants seraient en danger si on devait les transporter d'un hôpital à l'autre pour des interventions spécialisées dans chaque hôpital. Comme si cela ne se faisait pas tous les jours dans les hôpitaux de province lorsqu'on a besoin d'un traitement plus avancé qui n'existe qu'à Québec ou Montréal.

Rappelons qu'au moment de la nationalisation de l'électricité en 1962, les firmes financières anglophones avaient prédit l'effondrement des finances publiques et de l'économie québécoise; mais René Lévesque avait tenu bon avec toute l'émancipation des francophones qui a suivi.

Les économies de ce côté de la santé peuvent aussi se multiplier, même avec le vieillissement de la population, si on accepte de s'attaquer à son mode actuel de fonctionnement aberrant dans lequel les médecins peuvent multiplier les actes et les prescriptions sans égard aux limites budgétaires fixées par les administrations. C'est comme si, dans une entreprise, les employés pouvaient utiliser, sinon gaspiller comme bon leur semble, les matières premières et les équipements quelle que soit la stratégie de la direction. Dans notre système capitaliste, c'est le seul endroit où la somme de travail et les salaires (avec toutefois dans ce dernier cas un plafond qui explique pourquoi tant de médecins ne travaillent que 8 ou 9 mois par an après l'avoir atteint) sont fixés jour après jour par les employés. Ce qui explique que la santé sera toujours un abyme si on ne change pas les règles.

Prenons un autre exemple d'économies pour diminuer la pression constante des coûts de la santé sur la dette, soit les maladies nosocomiales (Clostridium Difficile, pneumocoques, staphylocoques...). On sait qu'elles sont en bonne partie causées par le manque d'hygiène dans les hôpitaux. Au moins 90 000 personnes en sont affectées et 4000 en meurent annuellement au Québec. Cela veut dire des hospitalisations répétées et coûteuses variant entre 5 et 50 jours. En comptant dix jours en moyenne, on trouve facilement 400 millions par année à épargner.

Certains hôpitaux viennent de réagir en se vantant de faire laver les mains des patients deux fois par jour, alors qu'il y 40 ans, c'était tout simplement normal de le faire systématiquement (au lever du jour, avant et après chaque repas, à chaque changement de bassine, etc.). De même, les infirmières devaient se couper systématiquement les ongles, se brosser constamment les mains, enlever leurs bijoux, etc.

On nous rappelle que même la stérilisation des instruments chirurgicaux laisse à désirer. Louis Pasteur doit se retourner dans sa tombe avec de telles inconséquences.

Pushers de médicaments

Un troisième exemple est la montée exponentielle du recours aux médicaments au point que leurs coûts dépassent maintenant le salaire des médecins. Plusieurs chercheurs, comme Marcia Angell, ex-rédactrice du New England Journal of Medicine, expliquent qu'un trop grand nombre de médecins sont devenus tout simplement des pushers de médicaments au seul profit des machines commerciales pharmaceutiques. Ces dernières en sont venues à inventer des pathologies comme «la préhypertension, le désordre d'anxiété généralisé, le syndrome prémenstruel dysphorique, le dysfonctionnement érectile...». On vient même de développer un médicament pour arrêter les menstruations alors que les tumeurs bénignes augmentent de façon effarante chez les jeunes femmes. D'autant plus que trop peu de médecins se préoccupent du fait qu'environ 20 % des patients réagissent en sens contraire des effets recherchés par les médicaments et un autre 20 % n'y trouvent aucun effet. On pourrait économiser un autre demi-milliard si on éduquait sinon contraignait les médecins à ce propos.

Ajoutons qu'une partie importante de la dette du Québec provient de la diminution draconienne des paiements de transferts du gouvernement fédéral pour rembourser la dette fédérale créée durant les années folles de Trudeau. On sait que la part fédérale pour la santé est passée de 50 % en 1960 à 12 % en 2000, pour remonter quelque peu par la suite. Cette diminution a permis à Paul Martin d'engranger des surplus éhontés alors que les provinces doivent quémander systématiquement leur pitance jusqu'à accepter l'envahissement de leurs champs de compétence.

En d'autres mots, il suffirait de rapatrier tous les impôts à Québec pour résoudre une bonne partie du problème, ce que les lucides refusent d'examiner faute de pousser à fond leur analyse. Comme si les impôts au fédéral n'étaient pas payés aussi par les Québécois.

Certains disent que changer le mode de fonctionnement de la médecine et ainsi attaquer de front le gouffre sans fond du système de santé et finalement le problème de la dette ne serait pas accepté par la population. Pourtant, la récente étude prospective du Conseil de la science et de la technologie, avec une large enquête auprès de la population et des chercheurs, montre que les deux plus importants défis des dix prochaines années que devra affronter le Québec sont, d'abord, l'adoption de saines habitudes de vie pour favoriser la santé et, ensuite, la recherche d'une autre efficacité du système de santé. Mais, pour cela, il faudrait du courage et de la persévérance de la part de nos gouvernants !
 


McGill should scale back hospital plans
The Gazette, 12 avril 2006
James Farquhar, MD


The projected cost of the superhospitals has now ballooned to $3.2 billion from $2.2 billion. McGill University's updated superhospital will cost $1.6 billion.

It's time for McGill to scale back its plans. We don't really need an all-new children's hospital in the Glen Yards. Children's surgery services could easily be built into the planned wing for the Montreal General.

The Shriner's Hospital - only 200 metres from the General - could share scanners and operating rooms with children and adults there.

There's nothing seriously wrong with the present Children's building, according to McGill's own 1998 engineering report, except that McGill wanted more space there.

Sell the Glen Yards site, holes and all, for condominiums. This would bring more money for the superhospital - perhaps $100 million.

 


Québec attend des contributions d'Ottawa dans des dossiers de santé
Presse Canadienne, 12 avril 2006
Norman Delisle


Les relations Québec-Ottawa sont au beau fixe en matière de santé mais le Québec attend néanmoins d'importantes contributions financières du gouvernement fédéral.

C'est ce qui est ressorti mercredi d'une rencontre d'une heure entre le ministre québécois de la Santé, Philippe Couillard, et son homologue fédéral Tony Clement, qui était de passage à Québec.

Pour l'amélioration de l'hôpital Ste-Justine pour enfants à Montréal, le Québec s'attend à une contribution fédérale de 120 millions $, a expliqué le ministre Philippe Couillard. Il espère aussi des fonds fédéraux pour réduire les délais d'attente dans d'autres types de soins que ceux du plan déjà mis en place, soit les opérations des hanches, des genoux et des cataractes.

Le ministre Tony Clement a vanté ce plan québécois, «un plan novateur, un modèle que nous invitons toutes les autres provinces à étudier».

Le ministre Couillard a confirmé que le fédéral contribuera de 100 millions $ pour chacun des deux projets d'hôpitaux universitaires à Montréal, par le biais du Fonds canadien pour l'innovation, à travers son volet pour les hôpitaux universitaires.

Mais dans l'amélioration des installations à l'hôpital de Ste-Justine - un projet de 503 millions $ -, Québec s'attend à une contribution fédérale de 120 millions $. Rien n'est encore réglé dans ce dossier, a indiqué M. Couillard.

De plus, si jamais la garantie pour les délais d'attente devait s'appliquer à d'autres chirurgie que celles des hanches, des genoux et des cataractes, il faudrait obtenir plus de fonds d'Ottawa, a fait valoir le ministre Couillard.

«Si on veut étendre la garantie d'accès aux soins au delà des hanches, cataractes et genoux, cela veut dire un volume de chirurgie plus important que le volume actuel, qui nécessite donc des fonds supplémentaires», a dit M. Couillard.

Le ministre Clement a de son côté rappelé que son gouvernement avait pris l'engagement, dans le dernier discours du Trône, de mettre en place une garantie sur les délais d'attente pour les patients qui doivent recevoir des traitements médicaux essentiels.

«Cette garantie ne sera possible que si nous collaborons. Je suis déterminé à collaborer avec les provinces pour mettre en oeuvre cette garantie», a dit le ministre fédéral de la Santé.

Il a par ailleurs cité le Québec en exemple aux autres provinces pour la façon dont le gouvernement Charest a agi en garantissant l'accès à trois types de chirurgie.

«Nous invitons toutes les provinces toutes les provinces à étudier le modèle proposé par le Québec pour garantir l'accès. La proposition du Québec démontre un esprit novateur», a déclaré le ministre Clement.

Ce dernier s'est engagé à respecter les compétences des provinces dans ce secteur. «Nous devons respecter les compétences des provinces, même si cela prend un peu plus de temps pour agit», a dit M. Clement, qui est lui-même un ancien ministre provincial de la Santé, en Ontario.

Il reconnaît également que les mesures peuvent varier d'une province à l'autre. «On reconnaît l'asymétrie pour le Québec», a-t-il conclu.

 


Good news on Montreal's hospitals
The Gazette, 8 avril 2006


The two brightest lights in Quebec's cabinet shared a stage yesterday to make an announcement all Montrealers should welcome: realistic decisions and genuine progress on the long-delayed plan to build new teaching hospitals in the city.

With university and medical administrators looking on cheerfully, Treasury Board President Monique Jerome-Forget and Health Minister Philippe Couillard shone a bright light through the fog of uncertainty that has shrouded the projects for many months. They updated the total cost figures, clarified the process and gave Montrealers new reason to believe these hospitals are actually going to open their doors someday.

Jerome-Forget again defended the idea of public-private partnership in the building and maintenance of the new edifices, and explained how the government would test the idea of using PPPs for the new construction. But she also explained renovation work at existing facilities will not be subject to the PPP process.

Much as we like the idea of PPPs, it was welcome news yesterday that the new Montreal Children's Hospital will go ahead promptly, without the delays associated with public-private partnership study. This sensible decision should guarantee that the new Shriners' Hospital, at risk for so long, is, indeed, built in Montreal.

And it should also assuage some concerns about the Children's losing ground to Ste. Justine's children's hospital.

The new total cost figure for these projects, $3.6 billion, may seem startling. But the old figures of $1.1 billion for the McGill University Health Centre and another $1.1 billion for the Centre hospitalier de l'Universite de Montreal have been increasingly unrealistic as the passage of time increased costs. And the new figures include $503 million for a distinct U de M project at Ste. Justine's, and includes money for renovation and transformation of existing facilities, including a lot of work at the Montreal General Hospital, now known as the "Mountain campus" of the MUHC.

Also specified was precisely what aspects of the work Quebec will cover. But the government's added investment will be limited; more money will be needed from Ottawa and from private donors, large and small.

Where the earlier cost figures were basically theoretical, these new ones are supposed to be more precise and complete - more realistic. So there's nothing alarming about real-world numbers. In any case, if the money is prudently spent, heavy investment in medical teaching and research (as well as patient care) is a good thing, not a bad one. Jerome-Forget spoke glowingly of making Montreal a real centre of medicine and bio-science, a goal which would bring us lucrative and prestigious new corporate spin-offs.

With their energy, their clarity, and their money, the two ministers added some much-needed spark to projects that have been languishing for far too long. It's heartening to know real progress is being made.


CHUM et CUSM: feu vert aux PPP
La nouvelle facture atteint maintenant 3,6 milliards
Le Devoir, 8 avril 2006
Kathleen Lévesque


Dans une «vision d'avenir», le gouvernement du Québec a chanté hier les vertus des partenariats public-privé (PPP), la formule retenue pour la réalisation des hôpitaux universitaires francophone et anglophone, soit le CHUM et le CUSM. Par la même occasion, il a présenté la nouvelle facture du projet, qui grimpe de plus d'un milliard pour atteindre la somme de 3,6 milliards de dollars.

Dans une conférence de presse bien orchestrée après des semaines de turbulences médiatiques autour des coûts des hôpitaux universitaires et des inquiétudes quant à la façon dont ces projets se matérialiseront, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, et la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, ont donné le coup d'envoi aux projets. On prévoit ainsi que le CHUM coûtera 1,5 milliard, la modernisation de l'hôpital Sainte-Justine, 503 millions, et le CUSM, 1,58 milliard, pour un total de 3,6 milliards.

«Ce ne sont pas les coûts définitifs, a reconnu le ministre Couillard. Il s'agit du meilleur estimé, le plus professionnel que nous puissions obtenir au stade d'évolution des projets. Il y a des zones de risque associées à ces coûts.» C'est d'ailleurs la présentation de ces facteurs extérieurs que sont l'inflation, les frais de gestion ou le financement temporaire qui a fait dire à Philippe Couillard qu'il n'y avait pas vraiment d'augmentation des coûts du projet mais plutôt un geste de rigueur et de transparence de la part du gouvernement.

Évalués à 2,5 milliards il y a un an, ces projets ont été analysés à partir des données disponibles datant de 2003-04 sans qu'il y ait un seul professionnel (architecte et ingénieur) pour établir les plans et devis et ainsi détailler les coûts. Il y a donc beaucoup de flou dans les chiffres présentés hier.

Concrètement, la part d'investissement du gouvernement du Québec augmente de 367,2 millions. Quant au soutien financier d'Ottawa, des fondations des hôpitaux et de la vente d'actifs, rien n'est acquis.

Entre-temps, le CHUM et le CUSM ont obtenu l'autorisation d'enclencher certains travaux. Pour le CHUM, il s'agira notamment de l'acquisition des terrains nécessaires pour le déploiement de l'hôpital ainsi que de la transformation en mode conventionnel de l'édifice où loge actuellement Vidéotron (55 millions). L'édifice deviendra un centre de formation. De plus, des appels d'offres seront lancés d'ici quelques semaines afin de se doter d'une équipe de professionnels.

Du côté du CUSM, des travaux d'infrastructures routières débuteront ce printemps (23,6 millions), ainsi que la rénovation de l'Hôpital général de Montréal. La révision de la facture a été soumise à l'expertise d'un comité-conseil «à géométrie variable» auquel ont participé huit hommes d'affaires. Jusqu'à maintenant, ils ont travaillé bénévolement; ils pourraient bientôt signer un contrat. Un autre comité sera formé au cours des prochains mois, mais dans une perspective internationale, question d'assurer «une valeur ajoutée» à la conception des hôpitaux.

PPP à la québécoise

L'épineuse question des PPP a également nécessité des précisions. Chose certaine, le ministre Couillard a mis au rancart ses réticences initiales. Dans une nouvelle formule imagée, il a dit sourire à «un PPP à la québécoise», c'est-à-dire un partenariat jugé «léger» dans lequel le privé se chargera de la construction et de l'entretien des immeubles. Cela exclut les services auxiliaires (buanderie, cafétéria et entretien ménager, par exemple) et les services professionnels.

La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, a salué ces «projets porteurs pour le Québec» qui permettront de développer l'expertise québécoise tout comme le développement de la Baie-James avait permis de mettre au monde les firmes d'ingénierie SNC et Lavalin (aujourd'hui une seule et même entreprise). Il y aura transfert d'expertise et c'est tant mieux, a expliqué Mme Jérôme-Forget, qui a rappelé à quel point le secteur public n'a jamais su entretenir son patrimoine.

Mme Jérôme-Forget a précisé qu'il y aura deux PPP distincts et que l'invitation faite au privé de construire et de gérer les immeubles à long terme sera ouverte aux entreprises étrangères.

À entendre la présidente du Conseil du trésor et son collègue de la Santé, la décision est arrêtée. Officiellement, ce n'est qu'en décembre prochain, après que l'Agence gouvernementale des PPP aura analysé les dossiers d'affaires des hôpitaux, à un taux horaire possible de 325 $, que Québec tranchera entre le mode conventionnel de construction et les PPP. Mais d'ores et déjà, Mme Jérôme-Forget ne voit pas comment il ne pourrait pas y avoir d'avantages. Elle a rappelé qu'en France, la construction de routes par PPP permet des économies de 30 %.

Ce n'est qu'après cette étape auprès de l'Agence des PPP que les entreprises seront invitées à démontrer leur intérêt. Tout ce processus ne remettrait toutefois pas en cause l'échéancier de 2010-11.

L'annonce d'hier a même réjoui ceux qui avaient démontré une certaine résistance. Le soupir de soulagement du Dr Denis Roy, directeur général du CHUM, à l'annonce de l'enclenchement du projet était révélateur. Selon lui, le point de non-retour vient d'être atteint. «Somme toute, je suis très content. Ça montre que le travail que nous avons fait n'a pas servi à rien», a dit M. Roy.

La cohabitation avec un gestionnaire privé ne soulève pas davantage de craintes pour l'instant du côté du conseil d'administration. «Dans tous les projets de cogestion de ce type-là, il y a des mécanismes de relais continu entre les gestionnaires du quotidien et ceux du bâtiment», a affirmé Patrick Molinari, qui préside le conseil d'administration du CHUM.

La principale de l'université McGill, Heather Munroe-Blum, se réjouit que le CUSM aille de l'avant avec un échéancier concret et une bonne planification. Même réaction de satisfaction du côté du recteur de l'Université de Montréal, Luc Vinet. À l'instar du ministre Couillard, celui-ci a précisé que la gare de triage d'Outremont, que l'UdeM a récemment achetée, servira notamment à faire du développement biomédical. «Je suis en appui aux éléments de technopôle qui se trouveront à proximité du CHUM. Mais il faudra intégrer ça à la réalité panmontréalaise. Il y a différents pôles et différents partenaires industriels qu'il faut prendre en compte», a affirmé M. Vinet.


CUSM: rien n'empêche le début des travaux, dit le directeur général
Le Devoir, 6 avril 2006
Isabelle Paré


Que Québec donne ou non sa bénédiction aux partenariats public-privé pour construire les hôpitaux universitaires, le directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Arthur T. Porter, affirme que la construction du nouvel hôpital peut commencer dès maintenant puisqu'une bonne partie du projet se fera de toute façon sans recourir aux PPP.

En entrevue au Devoir, le Dr Porter a affirmé hier soutenir entièrement le rapport produit par son institution, affirmant que le modèle de PPP développé en Grande-Bretagne pour construire des hôpitaux est «inapplicable» au Québec. Non seulement il faut développer un PPP «made in Québec» si on choisit ce mode de construction, mais il est d'ores et déjà établi qu'une importante portion de l'hôpital sera érigée au moyen des modes traditionnels de réalisation, a-t-il affirmé.

En effet, le projet du CUSM prévoit la présence d'un important campus sur la montagne, où s'élève actuellement l'Hôpital général de Montréal, et la réfection de fond en comble de l'Hôpital pour enfants de Montréal. Ces deux phases du projet, qui nécessiteront des travaux de modernisation de plus de 300 millions, échapperont à une éventuelle entente de partenariat.

«Dans ces cas, il n'est pas question de délais obligatoires de deux ans puisque tous les travaux ayant trait à l'Hôpital général, à l'Hôpital neurologique et à l'Hôpital pour enfants seront réalisés de façon traditionnelle», a soutenu M. Porter.

Même portrait pour le Centre universitaire de l'Université de Montréal (CHUM), où environ 20 % des travaux, notamment la réfection de l'hôpital Saint-Luc, seront faits sans avoir recours aux PPP compte tenu de la difficulté d'établir avec précision à l'avance le coût des travaux de rénovation.

Un modèle made in Québec

Pour l'érection du reste du campus du CUSM, soit celui du site de la cour Glen, le Dr Porter affirme toutefois qu'il est important de ne pas appliquer ici les premiers modèles retenus en Grande-Bretagne, qui se sont soldés par de nombreux problèmes. «Je ne suis pas pour ou contre les PPP. Je veux seulement un modèle qui marche pour le Québec. Il faut se demander pourquoi nous voulons faire cela et quels inconvénients nous voulons éviter», a-t-il insisté hier.

Le rapport interne produit par le CUSM propose en effet de réviser le modèle britannique pour laisser aux hôpitaux le pouvoir d'émettre des obligations pour financer leur projet, de choisir le constructeur et de continuer d'assurer par la suite la gestion de leurs nouveaux établissements. En vertu de ce modèle, seuls quelques travaux d'entretien majeurs, comme la réfection des toits ou des conduits d'aération, seraient laissés au secteur privé.

«La convention collective que nous avons avec nos employés est très importante, mais ça ne veut pas dire que nous ne pouvons pas négocier des situations avantageuses qui nous permettraient de faire effectuer certains gros travaux d'entretien, comme la réfection des toits et des systèmes d'aération, par le privé», a affirmé le Dr Porter.

Selon le Dr Porter, les premiers PPP introduits en Grande-Bretagne, entièrement gérés par le privé, présentaient de nombreux inconvénients. Toutefois, des modèles plus récents et moins rigides se sont avérés beaucoup plus intéressants sur le plan tant administratif que financier.

Le Dr Porter souhaite en fait développer pour le CUSM un PPP «dilué», plus souple, ressemblant davantage à ceux créés récemment en Australie et en Ontario. Ainsi, tous les employés affectés aux secteurs non cliniques demeureraient à l'emploi de l'hôpital afin de s'assurer que les décisions liées à l'intendance de la bâtisse n'entrent pas en conflit avec la qualité des soins aux patients.

«Ce qu'il faut, c'est avoir un bon hôpital, avec des soins de qualité pour les patients, à un bon prix et sans surprise. Pour cela, il faut que la direction de l'hôpital prenne part au design», a défendu le directeur du CUSM.

Selon lui, si le feu vert était donné maintenant à la phase 1 du projet du CUSM, qui porte sur la modernisation de l'Hôpital de Montréal pour enfants, la construction pourrait s'amorcer dès la fin de 2006.

 


Hôpitaux universitaites de Montréal:
Construire en PPP serait désavantageux
La Presse, 3 avril 2006
André Noël


Le ministère de la Santé du Royaume-Uni a prévenu les dirigeants des centres hospitaliers de l'Université de Montréal (CHUM) et de l'Université McGill (CUSM) qu'il n'était pas avantageux de construire de très gros hôpitaux en partenariat avec le secteur privé, selon un rapport interne du CUSM.

" Les dirigeants du ministère de la Santé du Royaume-Uni en sont venus à la conclusion qu'il y a une taille maximale pour un projet en PFI (Private Financing Initiatives, appelé en français partenariat public-privé ou PPP) ", indique le rapport obtenu par La Presse.

Ce maximum varie entre 400 et 500 millions de livres anglaises, soit de 800 millions à 1 milliard de dollars canadiens.

Or, la construction du CHUM et du CUSM coûtera entre 2 et 3 milliards. Plusieurs ministres du gouvernement québécois soutiennent qu'ils devraient être réalisés en PPP. Selon ce mode, un consortium privé construirait les hôpitaux et en serait le propriétaire pour 30 ans. Il les louerait au gouvernement, en assurerait l'entretien et s'occuperait des activités non médicales (buanderie, cafétéria, parkings, etc.).

Peu de soumissionnaires

" Les projets qui dépassent ce maximum (1 milliard de dollars) perdent non seulement l'avantage financier en termes de taille et d'échelle, mais ils découragent aussi les soumissionnaires incapables de faire des propositions pour des projets d'une telle ampleur ", ont indiqué des responsables du ministère de la Santé britannique aux dirigeants du CHUM et du CUSM, qui sont allés à Londres l'année dernière.

" Cette situation entraîne une diminution de la concurrence (entre soumissionnaires), ce qui est nuisible pour le secteur public, ajoute le compte rendu de la visite, daté de septembre dernier. De façon semblable, les gros projets de remise à neuf, tel le Barts NHS Trust (un grand hôpital de Londres), se sont révélés excessivement compliqués, longs à préparer et coûteux. "

" Un des avantages significatifs des PFI (ou PPP) est de transférer les risques de dépassements de coûts au secteur privé ", notent les auteurs du rapport. Ça, c'est la théorie. En pratique, des problèmes surviennent, " si bien que cet avantage est moins élevé que prévu ".

Au départ, l'hôpital et le consortium privé s'entendent sur des plans et sur des clauses. Mais ceux-ci sont rarement assez détaillés (ils le sont d'autant moins quand les projets sont très complexes). " Résultat: l'hôpital est obligé de payer pour des extras, ce qui augmente significativement les coûts. Le transfert prévu de risque au secteur privé pour les coûts plus élevés de construction ne se réalise pas. "

Le voyage a été organisé par le président du CUSM, Arthur Porter. La délégation comptait plusieurs dirigeants du CUSM, mais aussi Denis Roy et Sylvain Villiard, respectivement directeur général et directeur général adjoint du CHUM, ainsi que John Gauvreau, haut fonctionnaire du ministère de la Santé du Québec.

La délégation a aussi rencontré des directeurs d'hôpitaux britanniques. Ces derniers ont exprimé plusieurs réserves. " Les critiques les plus significatives envers le modèle du PFI (ou PPP) ont été formulées par les PDG des hôpitaux- des critiques reconnues par les représentants du ministère de la Santé- et avaient trait aux difficultés d'apporter des changements (une fois les bâtiments construits). "

Or, les pratiques médicales évoluent sans cesse. Un hôpital est un corps vivant, qu'il faut toujours transformer. En PPP, les hôpitaux sont seulement locataires des bâtiments. Les directeurs ne peuvent donc pas les réaménager selon leurs besoins. Chaque fois, ils doivent négocier avec le consortium propriétaire.

" Il faut noter que le besoin de flexibilité nécessaire pour suivre le changement fréquent de matériel (de soins) ne se manifeste pas dans plusieurs autres projets d'infrastructures, du moins pas de façon aussi impérative que dans les hôpitaux. "

Les hôpitaux sont des machines plus complexes que des autoroutes, ont souligné les Britanniques. Les directions à deux têtes (une publique pour les soins, l'autre privée pour le bâtiment) compliquent la prise de décision sur les réaménagements médicaux, ce qui augmente les coûts. Les auteurs du rapport s'interrogent aussi sur la productivité prétendument supérieure du secteur privé dans les activités non médicales.

" Une croyance veut que l'implication du secteur privé s'est traduite par des coûts réduits dans des projets PFI (PPP), par rapport aux coûts de projets d'hôpitaux créés et gérés par le secteur public, écrivent les auteurs. On nous a prévenus qu'à ce jour, aucune agence officielle d'audit n'a fait d'étude objective pour déterminer si cette affirmation est vraie. "

Le rapport reconnaît que les PPP peuvent avoir du bon, car ce mode permet au gouvernement de faire construire des hôpitaux sans alourdir sa dette. " Néanmoins, techniquement, le gouvernement n'est pas vraiment dégagé de toute responsabilité, puisqu'il ne peut légalement permettre à un hôpital de déclarer faillite. " Afin de permettre au gouvernement de ne pas s'endetter, le CUSM suggère d'émettre lui-même des obligations pour financer son nouvel hôpital, avec l'aide d'une institution financière.

Aucun projet aussi gigantesque que la construction de deux grands hôpitaux universitaires n'a encore été fait en PPP au Canada, souligne par ailleurs Éric Pineault, professeur à l'UQAM spécialisé dans ce domaine. M. Pineault affirme que les PPP reviennent plus cher que la gestion publique, ne serait-ce que pour une raison bien simple: aucun consortium privé ne peut emprunter à un taux d'intérêt aussi bas que le gouvernement.

 


CHUM et CUSM
Des experts bénévoles et anonymes

Le Devoir, 1 avril 2006
Kathleen Lévesque


L'évaluation des coûts des deux hôpitaux universitaires, CHUM et CUSM, s'appuie sur un comité d'experts dont le gouvernement refuse de dévoiler l'identité. Mis sur pied dans la plus grande discrétion, ce comité travaille bénévolement au côté du mandataire gouvernemental Clermont Gignac.

Huit personnes forment ce comité. Comme l'a appris Le Devoir, on y retrouve entre autres Henri-Paul Martel, vice-président ingénierie et construction chez Aéroports de Montréal (ADM), Claude Chamberland, vice-président principal retraité de chez Alcan, ainsi que Pierre Lortie.

Ce dernier a présidé le comité de transition de Montréal avant de devenir consultant, le mois dernier, auprès des villes défusionnées. Le sens éthique de M. Lortie avait alors été remis en question par la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau. Quant à Henri-Paul Martel, le chantier d'agrandissement de l'aéroport Trudeau est sous sa responsabilité. De plus, il connaît le délicat dossier du CHUM puisqu'il a assumé les fonctions de vice-président exécutif à la Société d'implantation du centre hospitalier de l'Université de Montréal (SICHUM) lorsque le projet devait se réaliser au 6000 Saint-Denis, dans le quartier de la Petite-Patrie. De son côté, Claude Chamberland connaît aussi le développement de grands projets bien qu'il s'agisse, chez Alcan, de dossiers éloignés du secteur de la santé.

Au bureau de Clermont Gignac, on explique qu'il s'agit de huit experts en projets majeurs: économistes, ingénieurs, comptables et spécialistes en planification urbaine. «Ils ont donné de leur temps à titre bénévole jusqu'à ce jour. On doit vérifier s'ils veulent que l'on dévoile leur nom. L'un a recommandé l'autre. Il n'y a pas tant de monde que ça avec autant d'expérience. Le monde de la gestion de projet, de l'ingénierie, c'est des gens qui se connaissent tous», a expliqué la porte-parole de M. Gignac, Julie Masse.

Au cabinet du ministre de la Santé, Philippe Couillard, il était également hors de question de dévoiler l'identité des membres de ce comité. On assure toutefois qu'il s'agit de «personnes crédibles» qui ont travaillé dans des dossiers impliquant plus d'un milliard d'investissement.

Il semble que le traitement réservé aux experts auxquels le premier ministre Jean Charest avait fait appel l'an dernier lors de la controverse autour de l'emplacement du CHUM, les ingénieurs Armand Coutur